AUTORITÉ DE L'ANTIQUITÉ
par delà tout ce qui Ta surchargée, plus nous parviendrons à la ressaisir dans sa condition primitive, plus aussi nous nous rapprocherons du divin. Il s'ensuit que l'antiquité est en soi une preuve de vérité. Tout ce qui est antérieur est la règle de ce qui le suit*. Qu'est-ce qu'un Dieu nouveau, sinon un faux Dieu-? Dans toutes choses la vérité précède son image ; l'imitation est postérieure à la réalité ^. Il serait donc absurde de prétendre que l'hérésie est antérieure à la bonne doctrine. A l'examiner de près, l'Evangile n'est pas une nouveauté, il ne l'est que dans la forme définitive qu'il a donnée à la religion, mais ses doctrines essentielles se retrouvent dans les plus anciennes traditions du genre humain. Il n'y a point eu de coup de théâtre comme le prétend Marcion pour lequel tout a été subit. « Rien de ce qui vient de Dieu n'est subit, parce que tout rentre dans un plan bien ordonné^. »
La chaîne des révélations a déroulé ses anneaix parfaitement liés les uns aux autres dans le cours des temps; on retrouve un principe de continuité dans l'évolution religieuse depuis Adam jusqu'à Jésus-Christ. En réalité c'est une seule et même religion qui se développe toujours identique à elle-même : aussi peut-on invoquer l'antiquité comme son premier titre à notre confiance. Il est étrange de voir Tertullien insister
1 « Omnis res anterior posteriori regulam prsemiaistravit. » [Adv. Marc, l, 9.)
^ « Quid Deus novus nisi faisus? » {Id., 8.)
3 « In omnibus Veritas imaginom antecedit. » [De prxscript., 29.)
* « Niliil a Doo subitum, quia nihil a Deo non dispositum. » {Adv. Marc, \\\, 2.)