‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 353 sur 387 · ANTIQUITE DES ?AINTES ÉCRITURES · texte numérisé non relu

ANTIQUITE DES ?AINTES ÉCRITURES

comme il le fait sur la continuité de l'idée religieuse, quand on connaît sa manière ordinaire de penser et d'écrire, car il se plaît à heurter les antithèses et semble ne coudre le \êtement nouveau de l'Evangile au vêtement ancien de la nature que pour mettre en pièces le second par le premier.

L'Ecriture sainte est la plus ancienne tradition religieuse dans l'ordre des révélations. De là l'inébranlable confiance qu'elle doit nous inspirer : « Moïse a vécu neuf cents ans avant Saturne; à bien plus forte raison a-t-il précédé toute sa descendance; il est donc incontestablement plus divin, lui qui raconte les errements du genre humain depuis l'origine du monde, désignant chaque naissance, chaque nom, chaque époque et prouvant la divinité de son œuvre par l'inspiration de sa parole'.» Ainsi l'inspiration divine s'ajoute à l'antiquité pour fonder l'autorité des saintes Ecritures. Tertullien conclut à la théopneustie absolue. « Nos saintes lettres, dit-il, sont les paroles mêmes ou les lettres de Dieu -. » Un même esprit divin conduit Moïse et saint Paul \ Le Saint-Esprit a constitué son Ecriture de telle sorte qu'elle nous apprend le développement et l'origine des choses^'. Dans son Apologie, Tertullien rattache étroitement l'autorité des Ecritures à celle de la nature et de la conscience. Après avoir invoqué le témoignage de la conscience naturellement chrétienne, il ajoute : « Dieu a

* « Multo antiquiorMoyses etiam Saturno. » [De anima, 28.)

2 « Inspice Dei voces, iitteras nostras. » (ApoL, 31.) «Deilitteras.» [De anima, 2.)

' De oratione, 17.

* Adv. Hermocj., 22.

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