ANTIQUITÉ DES SAINTES ÉCRITURES
voulu que nous pénétrions plus complètement et plus profondément son plan et ses volontés : aussi a-t-il ajouté à la nature l'instrument de la littérature'. Il a envoyé dès l'origine des hommes dignes par leur justice et leur innocence de le connaître et de le révéler, qui ont été inondés de son esprit divin. Les paroles comme les miracles qu'accomplissaient ces hommes pour fonder la foi à la Divinité demeurent dans les lettres sacrées comme dans un trésor ouvert à tous. La première autorité du livre lui est conférée par sa haute antiquité^. » Le dernier des prophètes a cessé de parler quand a paru le premier des philosophes grecs. Ceux ci ont eu connaissance des saintes lettres hébraïques comme on peut s'en convaincre par leurs écrits, car l'erreur elle-même est faite des matériaux de la vérité ^ Tertullien reconnaît bien que le cai actère miraculeux des livres sacrés qui éclate dans leur j artie prophétique les marque d'un sceau plus divin encore que la simple antiquité. Cependant à tout prendre c'est sur cette dernière preuve qu'il insiste davantage. Toute cette théorie de l'inspiration est assez contradictoire. D'une part nous avons l'al.solue théopneustie, les mots même du Saint- Esprit, bien qu'aucune différence ne soit établie entre la parole vivante du prophète et sa parole écrite. — D'une autre [art, cette inspiration littérale n'établit pas entre la Bible de la révélation historique et la Bible de la nature et de la conscience une différence radicale, puisque la première
• « Instrumentuin adjccil litteraturœ. »{Apol., 18.)
3 « Omnia adversus veritatem de veritale construcîa suiit.» [Id., 47.)