‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 356 sur 387 · AUTOHITÉ DE LA TRADITION · texte numérisé non relu

AUTOHITÉ DE LA TRADITION

pas voulu nous conviera une recherche indéfinie, il faut que nous cherchions jusqu'à ce que nous ayons trouvé, puis nous contenter de la foi qui nous suflBt désormais*; nous n'avons plus qu'à conserver notre trésor. « Quiconque croit a trouvé; quiconque cherche n'a pas encore trouvé, ou bien il a perdu ce qu'il avait obtenu". » En heurtant toujours à la porte on montre qu'elle ne s'est pas encore ouverte pour nous. Il n'est permis de chercher que dans l'enceinte de la vérité; la femme de la parabole n'allait pas quérir sa drachme perdue hors de sa maison ^ Restons donc chez nous en quelque sorte et ne nous fions qu'aux nôtres; ne sortons pas de la règle de foi qui nous a été transmise par l'Eglise. Cette règle posée par le Christ lui-même ne peut soulever de discussions, si ce n'est de la part des hérétiques et pour accroître leur nombre^ ; qu'on se garde de la discuter ou de la creuser, même par un examen approfondi des saintes Ecritures, car ce serait sacrifier à la curiosité, qui doit céder à la foi comme l'amour de la gloire au salut. « Ne rien savoir hors de la règle, c'est tout savoir^. » La question de l'autorité souveraine des Ecritures invoquée par les hérétiques contrôla foi traditionnelle ne laissait pas que d'être grave. Tertullien l'aborde avec une grande fraiichise, ne reculant pas devant les conséquences rigoureuses de ses principes. Il est parfaite-

1 « Qucerendum est, donec invenias, et credendum, ubi inveneris. » [De priescript . , 9.)

2 « Nemo qnœrit, nisi qui aut non habuit, aut perdidit. » [Id., 4.) ' « Intra tectum suum. » [Id., 12.)

^ « Adversus regulam nihil scire, omnia scire est.» [Id , 14.)

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