PLAINTES DE LA PISTIS SOPHIA
émanation une force terrible a la face de lion, qui entourée d'autres émanations semblables épouvante la noble et ardente exilée, jusque dans les régions ténébreuses de la matière, en faisant briller devant ses jeux une fausse lueur propre à l'égarer. Pséanmoins elle ne perd pas courage, elle espère , elle croit. A'oilà pourquoi elle mérite de s'appeler la Sagesse crovante. Douze fois elle appelle le libérateur par une supplication passionnée et vraiment sublime ; ce sont ses douze repentirs * . La délivrance s'accomplit par un nombre égal d'interventions de Jésus. De même que le péché ou la chute n'est pas autre chose que l'obscurcissement produit par la matière, de même le salut est un simple retour à la lumière. Cette division des lamentations de la Sophia et des interventions de Jésus amène des répétitions fatigantes ; toutefois les aspirations de l'âme sont rendues avec une énergie d'autant plus poétique, que de larges emprunts sont faits à l'Ancien Testament. En particulier tous les Psaumes de la pénitence sont appliqués à la Sophia, en étant détournés de leur sens naturel. « 0 lumière des lumières, s'écriet-elle, toi que j'ai vue au commencement, écoute le cri de mon repentir -. Sauve-moi, ô lumière, de mes propres pensées qui sont mauvaises. Je suis tombée dans les régions infernales. De fausses lueurs m'y ont conduite et je roule maintenant dans ces ténèbres chaotiques. Je ne puis déployer mes ailes et revenir à mon lieu, car les forces
1 «Nunc cujus r.'fti)'f).x alacre, progroditor, ut dicat soluUonern duodecimae [xaTavcac zîsTsœç acçi'aç.» (Pisf. Soph., p. 70.)
^ « Lumen luminum, cui èrriCTSUja inde ab initio, audi igitur nunc^ lumen, meam [jLSTàvcxv. » {Id., p. 33.)