IMMUTABILITE DE CETTE TRADITION
quel droit ils coupent sa forêt, détruisent ses canaux et déplacent ses boines. « C'est mon bien, peut-eile dire, mon antique possession; mes titres remontent à ceux-là même à qui il appartenait primitivement. Je suis l'héritière des apôtres. Je possède conformément à leur testament ; je remplis les conditions testimoniales. Quant à \ous, ils vous ont répudiés et déshérités comme étrangers et ennemis*. » Il n'était pas possible de formuler la prescription avec plus de rigueur.
Essayons de dégager de ce traité si remarquable, et qui a exercé une si grande influence sur la formation de l'autorité ecclésiastique, les points de doctrine qui en résultent avec netteté. L'autorité décisive n'appartient pas à l'Ecriture sainte, mais à la tradition unanime des Eglises apostoliques, qui est l'expression authentique de l'enseignement des apôtres résumée dans la règle de foi. Cette tradition est complète ; il n'y a rien à y ajouter, rien à en retrancher. L'Eglise n'a donc aucun mandat pour enrichir ou interpréter cette tradition, car elle vient directement du Christ par ses apôtres. Les Eglises apostoliques n'ont de supériorité sur les autres que comme sources d'informations ; elles sont en quelque sorte les dépositaires des saintes archives qui doivent demeurer immuables dans leurs mains. On se tromperait grandement en assimilant la théorie de Tertullien au système ecclésiastique, qui ne se contente pas de faire de l'Eglise le dépositaire de la vraie doctrine apostolique, mais qui la constitue en autorité active,
1 « Extranei et inimici. » [De prxscript., 37.)