‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 361 sur 387 · IMMUTABILITÉ DE CETTE TRADITION · texte numérisé non relu

IMMUTABILITÉ DE CETTE TRADITION

prenant des décisions doctrinales et les imposant d'office. Pour Tertul'ien, l'apostolat primitif parle |ar l'Eglise, comme il a parlé quand ses représentants prêchaient l'Evangile au monde. Je sais bien qu'une fois devenu Montaniste, il a cru au développement constant de la révélation et à la continuité de l'inspiration. Ceux qui l'ont condamné n'en ont pas moins beaucoup profité de sa double erreur; ils ont combiné les deux idées qui s'étaient succédé dans son esprit, bien que la seconde en ait chassé la première. L'Eglise ultérieure accepta l'autorité de la règle de foi; mais elle admit également sa propre inspiration pour l'interpréter, et bientôt pour l'accroître. On comprend la gravité d'une pareille synthèse pour la formation du système autoritaire. En ce qui concerne la constitution de l'Eglise, TertuUien, même avant son accession au montanisme, n'a rien formulé qui tendît à la hiérarchie. La catholicité, telle qu'il la présente, est une société toute morale sans lien officiel. 11 n'a point, comme Irénée, consacré le pouvoir épiscopal contre lequel il a dirigé plus tard de si vives attaques. Il ne s'est nulle part expliqué sur la manière dont la règle de foi a été élaborée ; il ne sort pas du droit historique par la filiation des Eglises apostoliques; il ne donne point de gardiens à cette tradition, qui demeure le grand pouvoir doctrinal dans l'Eglise. Evidemment, c'est une lacune au point de vue où il s'est placé; elle sera nécessairement comblée, ou plutôt elle l'était d'avance par Irénée, qui avait fait de l'épiscopat la vraie succession apostolique. TertuUien n'obéit point à une tendance hié-

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