‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 364 sur 387 · LA TRINITÉ ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

LA TRINITÉ ÉCONOMIQUE

que si elles ressemblent aux mouvements passionnés de nos cœurs.

Malgré sa vi\e répugnance pour la métaphysique, il ne peut s'y dérober, quand il aborde le point le plus obscur de l'ontologie divine, je veux dire ce grave problème de la trinité, si discuté de son temps, et qui, dans l'absence d'une théorie officielle et imposée, provoquait nécessairement la subtilité de l'esprit '. Il devait concilier la règle de foi , très-positive sur la préexistence et la divinité du Verbe, avec les données d'un monothéisme tranché, qui était le besoin impérieux de la conscience chrétienne. Le succès du monarchisme unitaire de Praxéas n'était pas dîi à une autre cause. En présence d'une telle situation des esprits dont il sentait tout le péril, Tertuliien n'a pas eu recours au procédé commode et sommaire de la prescription; il a discuté, et s'est efforcé de vaincre l'erreur en donnant satisfaction à la part de vérité qu'elle pouvait contenir. S'il n'a pas trouvé la solution définitive, il a du moins contribué à la préparer par un développement nouveau et fécond de la doctrine de la trinité. Il commence par reconnaître hautement, comme nous l'avons vu, l'unité de Dieu; l'absolu ne comporte pas la dualité. « Il est seul, dit-il; il n'y a rien en dehors de lui. Cependant, il n'était pas absolument seul ; il avait avec lui et en lui-même la raison, car Dieu est un Dieu rationnel ; ce qui est en lui, en tout premier lieu, c'est la raison, qui est le sens qu'il a de lui-même. Nous reconnaissons en elle le Verbe des

' Toute la christologie de Tertuliien se trouve dans ses traités Adv. Praxeam et De carne Christi.

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