‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 366 sur 387 · IL EST D'ABORD LA PAROLE INTÉRIEURE DE DIEU · texte numérisé non relu

IL EST D'ABORD LA PAROLE INTÉRIEURE DE DIEU

moins qu'il n'existe qu'en Yue du monde, et que comme le prototype de la créature morale. Il se produit bien une évolution dans le sein de la Divinité ou de l'absolu, mais elle n'est pas uniquement destinée à la pleine réalisation delà Divinité, si on peut ainsi dire. Si Dieu demeurait seul, il n'en aurait nul besoin; l'évolution est amenée par la nécessité de la création. En d'autres termes, l'unité ne devient trinité qu'à cause du monde; voilà la grande imperfection de la théologie de Tertullien, comme de la plupart de ses contemporains. Il lui a donné tout son relief, en quelque sorte, par la vigueur de son langage.

Quand Dieu a voulu produire le monde avec toutes ses catégories d'êtres, il a émis sa Parole; nous reconnaissons en elle cette Sagesse des Proverbes qui s'écrie : « Le Seigneur m'a créée dès le commencement de ses voies pour accomplir ses œuvres, avant qu'il eût fait la terre'. » La parole intérieure est devenue extérieure; elle a eu son mode, sa forme, quand Dieu a dit : « Que la lumière soit". » Yoilà la nativité parfaite du Ycrbe qui procède de Dieu. Ce Verbe, Tertullien l'appelle le Fils premier-né de Dieu; il sort ainsi de l'abstraction j^hilosophique, et il insiste sur le côté religieux de ce grave et difficile problème. Le Yerbe procédant du Père a été le Fils premier-né, unique, seul engendré de Dieu, sortant de son cœur même. Rien de vide et de vain ne

' « Ut primum Deus voluit ea quae cum Sophise ratione et sermone disposuerat intra se, in substanlias et species suas edere, ipsurn primum protulit serrnonem, ut per ipsum fièrent universa. » [Adv. Prax., 6.)

^ « Tune serrno speciem et ornaturn suum, sumit, cum dicil Deus : tiat lux. » {Id., 7.)

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