L'ESPRIT CONFONDU AVEC LE VERBE JUSQU'A L'ASCENSION
L'être divin n'est pas multiple au point de vue du nombre, mais du mode d'action ; il comprend non plusieurs états, mais plusieurs degrés*. Après le soleil, nous avons le rayon, et après le rayon, le reflet ; de même après le Père, nous avons le Fils, et après le Fils, le Saint-Esprit; mais les mêmes attributs appartiennent aux trois personnes.
La doctrine du Saint-Esprit n'est pas claire chez Tertullien. Il est certain qu'il reconnaît sa personnalité aussi bien que celle du Verbe; mais celte personnalité a aussi une date. L'Esprit se confond avec le Yerbe jusqu'à l'ascension, de même que le Yerbe lui-même s'était confondu avec le Père jusqu'à la création. Le Fils, en remontant au ciel, le donne à l'Eglise comme le troisième nom de la Divinité -. C'est ainsi que la Trinité descend du Père par des degrés étroitement rattachés et enchaînés les uns aux autres, sans porter aucune atteinte à la monarchie divine ^ TertuUien l'appelle trinité économique , c'est-à-dire successive , comme les économies judaïque et chrétienne, qui ont été sur la terre, en quelque sorte, le mouvement ou l'évolution de la pensée divine. L'évolution est transportée dans la
1 a Alterum non numéro, gradu. » [Id.)
2 « Paracletum a Pâtre se poslulaturiim cum ascendisset ad Patrem, et missurum repromittit, et quidem aliiim, {Adv. Prax., 25.) Spiritum sanctum tertium nomen divinitatis effudit. » {Id., 30.) Voir Réville ^ articles cités p. 127^ 128. Voir aussi sur l'identité première du Verbe et de l'Esprit dans le traité Adv. Hermog., IV, où l'Esprit porte le nom de Sagesse, comme le Verbe impersonnel : Sophia Sfiritus. «Spiritus sermoni inerat. » [Adv. Prax., 7.)
3 « Ita trinitas per consertos et connexos gradus a pâtre decurrens et monarchise niliil obstrepit, et oiy>,ovotJ.(a; statum protegit. » [Adv. Prax., 8.)