SUBORDINATION TRANCHÉE DU FILS ET DE L'ESPRIT
Sphère céleste. On ne peut plus revendiquer l'éternité pour la Trinité comprise de cette manière. « Tl y a eu un temps, dit nettement Tertullien, où le Fils n'était pas ' . »
De ce principe découle la subordination la plus Iranchée du Fils et du Saint-Esprit vis-à-vis du Père dans l'identité de nature. « Le Père est la totalité de la substance ; le Fils en est une dérivation et une portion ainsi qu'il l'a déclaré, en disant : Le Père est plus grand que moi ! Le Père ne se confond pas avec le Fils ; car il est plus grand que lui; autre est celui qui engendre et celui qui est engendré, autre est celui qui envoie et celui qui est envoyé*. » Cette même subordination se retrouve dans la relation de l 'Esprit-Saint avec le Fils et avec le Père. Il n'y a nul moyen désormais d'absorber les personnes divines les unes dans les autres, comme si le Fils n'était qu'un autre nom du Père. Non, le Père n'est Père que parce qu'il a le Fils. Cette distinction des personnes n'enlève rien à la divinité du Fils ; nous l'appelons Dieu comme nous appelons le rayon soleil. C'est grâce à cette subordination que le divin a . pu sortir de sa transcendance. Le Père est invisible à cause de la plénitude de sa majesté, il ne saurait se manifester directement, ni s'abaisser jusqu'à nous. Le Fils, c'est le divin accessible, c'est le Dieu qu'on peut entendre et voir, le Dieu qui peut s'abaisser parce qu'il est non le Dieu absolu, mais le Dieu dérivée II en est de
1 « Fuit tempus cum ei Filius non fuit. » {Adv. Hermog., 3.)
* « Patrr tota substantia est , Filius vero derivalio totius et portio. Pater Filio major. » {Adv. Prax.,1.)
* « Invisibilem Palrem intelligamus pro plenitudine majcstatis; visi-