LE FILS EST LE DIEU DERIVE
lui comme du rayon que nos yeux contemplent sans souffrir, tandis que s'ils fixaient le soleil ils seraient dévorés. Nous supportons la lumière adoucie, amoindrie; nous ne supporterions pas la lumière totale. En outre le Père est impassible; le Fils seul a pu s'exposer aux souffrances d'où devait résulter notre rédemption. Tandis que le lleuve demeure calme à sa source, il est agité dans son cours. C'est toujours la même eau, mais dans des conditions différentes'. Ainsi la subordination est la condition même de la révélation. Le Verbe s'est déjà manifesté sous la forme angéiique pendant l'ancienne alliance; ces incarnations préliminaires annonçaient et préparaient son abaissement suprême dans la crèche de Bethléhem-. C'est le Fils qui descend ici-bas, qui interroge, qui prête des serments. Ainsi demeure intacte la notion de l'absolu, ce que TertuUien appelle l'idée philosophique de Dieu. Tout ce qui s'en écarte est attribué au Fils qui a pu revêtir 1" humanité et par elle s'exposer à tous les opprobres ^ »
Ce n'est pas du reste que Tincarnation soit en ellemême diflBcile à concevoir au point de vue de l'ontologie divine, car il y a un rapport naturel entre l'homme et le Verbe. Le Verbe est non-seulement son principe, mais encore son type. La création terrestre aspire à l'homme comme à sa fin. Œuvre du Verbe, tirée du néant par lui, elle a eu pour but la splendeur de la ma-
bilem vero Filium agnoscamus pro modulo derivationis. » [Adv. Prax., 14.)
> Id., 29.
2 Id., 16.
3 Adv. Marc, U, 27.