L'AME HUMAINE A UN CORPS SUBTIL
avait été formé dans son corps et dans son âme à l'image même du Yerbe et comme en vue de l'incarnation. « Le Créateur voyant d'avance que son Fils deviendrait liomme a dit : Faisons l'homme à notre image*. » L'homme est tout ensemble âme et chair ^, si toutefois on peut établir une distinction tranchée entre les deux portions de son être, puisque son âme a un corps à elle, participant aux conditions de la matière, c'est-à-dire susceptible de soufiFrance et de jouissance^; il se nourrit et remplit un espace plus ou moins grand"*. L'àme est indivisible et immortelle^. La chair n'est pas mauvaise en soi, elle a été pétrie de la main de Dieu comme devant plus tard être le temple de son Verbe*. Le divin Phidias y a enchâssé l'âme comme un inestimable joyau ^; elle sert d'organe à son hôte immortel; aussi doit-elle suivre ses destinées. De là la nécessité de la résurrection, fondée sur un double motif. D'abord la justice divine ne peut laisser la chair sans rétribution après qu'elle a été la complice soit du bien soit du mal pendant la vie terrestre^. En second lieu la miséricorde infinie veut accomplir un salut complet et rétablir l'Adam primitif dans
* o nie enim Christum, sermonem suum, intuens hominem futurum : faciamus, inquit, hominem ad imaginem etsimilitudinem nostram. » {Adv. Marc, V, 8.)
2 « Hic erit homo interior, alius exterior, dupliciter unus. » ( De anima, 9.)
3 « Licorpnralitas nihil patitur. » [De anima,! ;Dereiurrect.carnis,\'I.)
* De anima, c. 30-39.
^ « lia limus ille jam tum imaginem induens Christi futuri in carne, non tantum Deiopuserat, sed et pignus. » [De resurred. carnis,G.)
■^ « Phidias tantus, Deus vivus. » [Id., 6.)
** « Qualis vixerit, talem judicari, quia de eo, quod vixerit, habeal judicari. » (Id., 14.)