L'ESPRIT DIVIN S'EST UNI A UNE CHAIR INTACTE
qu'il s'agissait de relever'. » C'est à tort, également, que l'on voudrait voir dans la chair du Rédempteur l'âme prenant une forme visible, car, dans ce cas, il ne serait pas devenu semblable à nous, et ne nous aurait pas sauvés. Ensuite, son âme, comme tout être, a eu son corps à elle, qui ne peut être confondu avec la chair. Tenons-nous-en à la simplicité, et à ce qu'on pourrait appeler la bonne foi du langage. C'est bien notre chair que le Fils de Dieu a revêtu -. Toute objection disparaît dès qu'on reconnaît que le corps humain n'est pas souillé par nature, mais qu'il le devient par suite d'un acte de la volonté. Le péché est dans la chair, mais la chair n'est pas le péché; la substance originelle est pure; elle n'a été altérée que par le mal commis. Or, c'est cette substance originelle que Jésus-Christ a revêtue et transportée dans les cieux^. Il l'a prise intacte et virginale, telle qu'elle était en Adam. Elle avait bien toute sa réalité, puisqu'il est sorti, du sein d'une fille des hommes, Marie, la nouvelle Eve, mais elle avait aussi toute sa pureté, grâce à la conception miraculeuse. Ainsi a été rompue la chaîne des générations pécheresses ; un commencement nouveau et divin a été posé. « Celui qui introduisait ici-bas une nativité nouvelle devait naître par un mode nouveau ^ Il ne convenait pas que le Fils de Dieu naquit d'une semence d'homme, car il eût été entièrement fils d'homme; il n'eût pas été le Fils de
' « Homo perierat, hominem restitui oportuerat. » (De carne Christi,\it.)
2 Ici., 13.
* « Nove nasci debebat novae nativitatis dedicator. » [Id., 17.)