DIEU TOUJOURS DISTINCT DE LHOMME EN JÉSUS
Dieu, il n'aurait pas surpassé ni Salomon, ni Jonas. Ebion serait justifié '. Le germe divin devait remplacer la semence humaine; l'homme est uni avec Dieu par l'union de la chair humaine avec l'esprit de Dieu ^. » Sa naissance a été subordonnée à toutes les lois naturelles. Marie n'a point conservé l'éternelle virginité ' .
L'incarnation, toute réelle qu'elle soit, n'a point altéré la divinité du Rédempteur; car c'est le caractère propre de la nature divine de subsister au travers du changement*. Et cependant Tertullien avait établi que la nature du Verbe se distingue du Père, précisément en ce qu'il peut sortir de l'absolu immuable. L'humain et le divin, en Jésus, sont plutôt juxtaposés qu'unis et fondus. Tandisque le Dïpu demeure impassible, l'homme est exposé aux souillures légales ^ « Le rayon divin, tombé dans le sein d'une vierge, prend la forme de la chair; ainsi naît cet homme qui est uni à un Dieu. Cette chair, instruite par l'Esprit, est nourrie, grandit, parle, mange et agit; c'est notre Christ*. » Ces expressions impliquent une irrédi;ctible dualité; elle ressort plus clairement encore du traité contre Praxéas. L'immutabilité divine est de nouveau formulée dans toute sa rigueur. Le Verbe ne subit aucune altération ; il ne saurait être que
1 De carne Chuisti, 18.
* « Sic cieniquehomo cum Deo^ dum caro hominis cum Spiritu Dei. » {M., 18.)
* « Id est, utDeus et in omnia converti possit et qualis est perseverare. » [Id., 3.)
5 « Tetigit leprosuni, a quo etsi homo inquinari potuissel, Deus utique non inquinaretur, incontaminabilis scilicet. » [Adv. Marc, W , 9.)
® « Iste igitur Dei radius, delapsus in virginem quamdam, et in utero ejus caro figuratus, nascitur homoDeo mixtus. » (Apol., 21.)