NOTION MAGIQUE DU BAPTÊME
laquelle la sainteté devait se présenter à un peuple grossier ' .
Ces restrictions si graves à l'étendue de l'œuvre rédemptrice nous expliquent la part exagérée faite par TertuUien à l'autorité. L'homme qui n'est qu'imparfaitemeut sauvé n'est qu'à moitié affranchi. De là aussi découle cet ascétisme exagéré qui prend de suite une valeur méritoire et qui a faussé sa morale, surtout dans la période montaniste. La repentance se transforme en pénitence; les pleurs purifient l'àme : la confession publique faite sous le sac et la cendre éteint le feu de la géhenne dans le cœur -. Nous satisfaisons à la justice de Dieu par l'affliction de la chair et de l'esprit ^ De cette même erreur fondamentale procède le matérialisme sacramentel qui se rattachait aussi aux idées de TertuUien sur la corporalité de l'âme. Une vertu magique est attribuée à l'eau baptismale. Le Saint-Esprit a plané sur les eaux confuses du chaos, quelques divines parcelles appartiennent encore à l'élément qui a reçu un si grand honneur ''. La puissance des démons lui a souvent communiqué une vertu malfaisante^. Comment s'étonner que la puissance divine agisse sur l'eau en sens contraire? Une vertu vraiment sanctifiante est conférée à l'eau baptismale après l'invocation de l'officiant et seulement pour le néophyte qui a reçu l'imposition des
1 Adv. Marc.,U, 18.
2 De pxnitentia, 12.
3 « De pristinis satisfacimus contlictatione carnis et Sp ritus. » {De baptismo, 20.)