LA CÈNE GARDE UN CABACTÈRE SYMBOLIQUE
mains ' . Le baptême chrétien qui diffère par son efiQcacité du baptême de Jean-Baptiste n'a été institué qu'après l'achèvement de l'œuvre de Jésus-Christ. Il est nécessaire au salut à moins qu'il ne soit suppléé par le martyre^. Tertullien admet que tout ciirétien a le droit d'administrer le baptême' et il veut qu'on le retarde pour les petits enfants qui, ne connaissant pas encore Jésus- Christ, ne sauraient réaliser les conditicus morales qu'il réclame pour que la grâce sacramentelle ait son plein effet \
Sur la sainte cène il est bien plu:^ modéré. Il n'y voit décidément qu'un symbole du corps immolé du Christ et ne songe pas à y chercher une vertu magique ^ IVous ne pouvons espérer de rencontrer plus de spiritualité dans sa doctrine des choses finales que dans celle d'Irénée. 11 insiste avec force sur la résurrection de la chair dans le traité spécial qu'il a consacrée ce sujet, et l'entend au sens le plus matériel bien qu'il admette une
1 «Sanctissimus Spiritus super baptismi aquas tanquam pristinarn sedem recognoscens conquiescit. » (De bapt., 8. Comp. 5.)
* « Prsescribitur nemini sine baptismo coinpetere salutem. » [Id., 12, 16.)
3 « Laicis jus ost. » [Id.)
* « Cunctatio baptismi utilior est, praecipue tamen circa parvulos. » {Id., 18.)
^ Le passage capital sur ce point se lit Contra Marc, IV', 4.0 : « Acceptum panern et distributum discipulis corpus suurn illum fecit^ hoc est corpus meum dicendo, id est figura corporis mei. Figura autem non fuisset nisi Veritas essel corpus. » (Après avoir pris le pain et l'avoir distribué à ses disciples, il en fil son corps, c'est-à-dire qu'il dit: « Voici mon corps, » ce qui signifie la figure de mon corps. Mais il n'y aurait pas figure, si son corps lui-même n'avait pas eu de réalité.) Il est évident que malgré les interprétations contraires (voir ^\œ\ÛQT , Patrologie , VII, p. 584, 585), Tertullien se borne, dans ce passage, à affirmer la réalité du corps de Jésus- Christ; le pain eucharistique en est simplement la figure.