‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 384 sur 387 · THÉORIE INDÉCISE DE LA TRINITÉ · texte numérisé non relu

THÉORIE INDÉCISE DE LA TRINITÉ

d'absolu et d'iDcommunicable puisque nous le complétons par nos œuvres, surtout par l'aumône et le martyre qui a une vertu purifiante. La religion juive aurait été définitive si les obligations qu'elle imposait à ses sectateurs avaient été observées par eux. Les Juifs ont perdu leur privilège par leur orgueil et leur désobéissance ' . Jésus-Christ n'est donc venu que parce que l'œuvre de Moïse a échoué. La différence des deux Testaments n'est pas réellement maintenue dans une telle conception de l'Evangile. De là à revenir aux institutions de l'Ancien Testament il n'y a qu'un pas. La théocratie hiérarchique est en germe dans une pareille doctrine. « Le Verbe de Dieu « qui est aussi sa sagesse, sa force et « sa gloire >> est venu pour être le révélateur et le docteur du genre humain selon les oracles des prophètes. Il descend au sein d'une vierge et l'Esprit-Saint revêt la chair humaine-. » Ces expressions révèlent un grand vague dans la conception de la Trinité, puisque la troisième personne semble se confondre avec la seconde. « Dieu s'unit à l'homme ; — c'est notre Dieu, c'est notre Christ qui a revêtu l'humanité comme médiateur pour la ramener à son Père^ » « Christ a voulu être ce qu'est l'homme, afin que l'homme pût être ce qu'est Christ. » Après avoir chassé les démons par sa parole, guéri les

' « Judceisprimum eratapudDeum gratia sed illi négligentes disciplinée dum divina prsecepta contemnunt, datam sibi gratiam perdiderunt. » [De idol, vanit., 10.)

2 « Gratiae arbiter et niagister sermo et Filius Dei mittitur qui per prophetas omnes retro illuminator et doctor humani generis prfedicabatur. Carnem Spiritus sanctus induitur, Deus cum homine miscetur.» [Id., H.)

o06 LA REDEMPTION EST UNE VICTOIRE SUR LA MORT.

paralytiques, nettoyé les lépreux, ressuscité les morts, commandé aux éléments et forcé les vents et la mer à le servir, il a été crucifié par les Juifs. « Les prophètes avaient annoncé sa mort, non pas simplement pour qu'il la connût, mais pour qu'il la vainquît et que remonté au ciel après ?a passion il manifestât sa divine puissance. Après avoir exhalé spontanément l'esprit qui était en lui, prévenant ainsi l'œuvre de ses bourreaux, il est ressuscité le troisième jour. Puis il a été enlçvé par une nuée au ciel afin d'asseoir par sa victoire auprès du Père cette humanité qu'il avait aimée, revêtue, sauvée de la mort. Les disciples qu'il a laissés répandent ses préceptes pour le salut du monde et dissipent les ténèbres de l'erreur pour les remplacer par la lumière de la vérité ^ » Victoire sur la mort, déploiement de puissance, illumination des intelligences, c'est bien là toute l'teuvre rédemptrice. Cyprien dit ailleurs que le Seigneur peut seul pardonner les péchés parce qu'il les a portés, qu'il a été livré par Dieu pour ces péchés et qu'il a souffert pour nous. Mais il n'y a là que la répétition d'un texte dont le vrai sens n'est pas saisi comme le prouvent les mots qui suivent cette déclaration : « Les mérites des martyrs et les œuvres des saints ont un grand poids auprès du juge ^. » Le traité des bonnes œuvres et des aumônes développe le principe des œuvres méritoires; elles sont clairement désignées comme des moyens de propitiation , expiant nos péchés ^ Jésus n'a donc pu

1 De idol. vanit., 13-15.

2 « Credimus quidem posse apud judicem plurimum martyrum mérita et opéra justorum. » De lapsis, 17.)

5 « Magisteria divina docucrunt operationibus justis Deo satisfieri, mi-

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