SON MYSTICISME RELIGIEUX. U
tion. Mais la philosophie ne crée pas de nouveaux symboles, ou si elle en créait, ils seraient pour elle de simples métaphores qu'elle ne prendrait pas au sérieux. Les diverses provinces de l'esprit humain sont aussi distinctes que les divers pays ; leurs frontières sont nettement séparées. L'imagination ne se mêle pas à la spéculation ou du moins elle ne lui prête que des types plus ou moins transparents. Il eu était bien autrement au premier âge de l'ère chrétienne. La religion et la philosophie païennes, reposant, il est vrai, sur une base identique, se confondaient constamment. Le style classique, aux formes limpides et arrêtées, avait tout aussi bien disparu dans le monde intellectuel que dans celui de l'art. L'Orient submergeait de toutes parts lOccident avec ses mythes, sa poésie grandiose et ses cultes bizarres. Delà un état d'esprit singulier que nous avons beaucoup de peine à nous représenter. L'impossible n'existe plus pour la pensée, celle-ci est enivrée du philtre de la grande déesse qui, sous le nom d'Isis, de Cybèle ou de Diane d'Ephèse, n'est pas autre chose que la nature divinisée; mettant l'infini en bas et non en haut, elle veut l'y trouver à tout prix, et elle s'efforce d'animer l'idole, comme Pygmalion cherchait à réchauffer son marbre ; elle attribue à la nature le pouvoir créateur, elle lui suppose des forces cachées, mystérieuses , capables de produire la vie universelle. Elle s'imagine les voir à l'œuvre comme ces esprits primordiaux que Faust contemplait, « tissant la robe vivante de la divinité sur le bruissant métier du temps. » C'est ainsi que le naturalisme le plus absolu touclie à la magie et à la théurgie,