‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 41 sur 387 · MARCION NATIF DU PONT-EUXIN · texte numérisé non relu

MARCION NATIF DU PONT-EUXIN

B. Marcion et son école '.

La seconde tejidance du gnosticisme ne s'est pas contentée de remanier les mythes valentiniens. Elle s'est constituée dans son originalité avec 3Iarcion, que les sarcasmes de Tertullien n'ont pu réussir à avilir.

S'il est toujours difficile de séparer un système de la personne de son auteur, cela est surtout vrai de la doctrine de ce fameux hérétique, car on y retrouve l'empreinte de son âme ardente mais étroite, passionnément attachée au christianisme , mais injuste comme la passion, même lorsqu'elle se prend à ce qu'il y a de plus noble et de plus élevé, éprise du plus haut idéal moral, mais trouvant le moyen de le fausser par une exagération maladive. Toutefois, quelque graves qu'aient été les erreurs de Marcion, il n'en commande pas moins notre respect par la noblesse de son caractère et la grandeur de quelques-unes de ses pensées qui ne sont devenues des brandons de discorde que parce qu'il les a présentées sans les tempéraments qui les eussent complétées. Il y avait chez Marcion le génie d'un réformateur ; c'est un Saul de Tarse, demeuré toujours sous l'éclair brûlant qui l'a renversé , sans arriver à la lumière riche et sereine d'une foi apaisée. Disciple fougueux de saint Paul, il compromet la cause qu'il a embrassée en bri-

1 Les sources principales pour Marcion sont : 1° le Contra Marcionem, de Tertullien; 2" Rhodoii, apud Eusèbe, H. E., V, 13; 3" Irénée, Adv. hxres., I, 29; 4° Phil., VII, 29; Epitome, X, 19; 5" Epiphane, Contra l'ixres., 42; 6° Théodoret, De hxretic. fabulis., \, 24; 7° enfin un fragment de l'évéque arménien Esnik sur la destruction des hérésies et les hymnes de saint Ephrera.

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