H, RÉAGIT CONTRE UN JUDÉO-CHRISTIANISME EXALTÉ
grave lancée par Tertullien contre ses mœurs; l'hérésie était r.ssez souvent comparée à radiillère spirituel pour qu'une image hasardée, interprétée par la malveillance la [)lus acharnée, se soit transformée en une calomnie involontaire. Probablement l'opposition que fit Marcion au christianisme judaïsant fut de suite immodérée et violente comme on pouvait l'attendre d'un tel homme. A la suite des quelques diiïcrends dans lesquels son père semble avoir pris parti contre lui, il se rendit ci Rome'. C'était sur ce grand théâtre que chaque novateur brûlait de se produire, sachant bien qu'il n'y avait pas de plus sûr moyen de donner du retentissement à ses idées. Marcion s'était fort peu occupé de métaphysique jusqu'à cette époque ; il n'avait aucun goût pour toutes les subtilités de la gnose valentinienne. C'était un homme beaucoup plus préoccupé de pratique chrétienne que de théosophie. Il enveloppait dans sa vive antipathie pour les judaïsants l'Ancien Testament lui-même, sans professer un système bien arrêté. Pourtant il fallait bien donner une base spéculative à ses idées, car elles ne pouvaient exercer une influence décisive tant qu'elles étaient à l'état fragmentaire. Cette nécessité de propagande explique le rapprochement qui eut lieu entre Marcion et la gnose. A Rome, il rencontra un gnostique modéré qui avait renoncé à la savante et poétique ontologie des Valentiniens, et qui partageait son opposition violente au judaïsme. Il s'appelait Cerdon et était Syrien d'origine. Sans s'embarrasser dans la généalogie des
1 Tertullien, De prxscript,,c. Ll.