GUERRE ENTRE LE DEMIURGE ET JESUS
geance. De l'autre est le triomphe de l'amour \ Jésus est la manifestation directe du Dieu invisible et bon. L'an 15 du règne de Tibère, il plut à Dieu de descendre à Nazareth, ville de Galilée. Il ne saurait avoir aucun contact avec la matière ; aussi Marcion conclut-il au docétisme le plus absolu. La naissance de Jésus est apparente; son corps n'est qu'un fantôme. 11 n'a rien emprunté au monde du Démiurge ^, si ce n'est le nom de Messie, car le Dieu de l'Ancien Testament a annoncé la venue d'un sauveur juif; ses prophètes l'ont tour à tour prédit. Ce Sauveur inférieur viendra en efifet, mais seulement pour le peuple élu ; il lui ménage un salut digne de lui, c'est-à-dire tout matériel et terrestre \ En attendant le Démiurge allume la haine de ses Juifs contre le pouvoir rival qui a surgi à Jérusalem. Jésus est immolé sous son influence. La mort du Rédempteur a beau n'être qu'apparente comme toute son apparition terrestre, elle nous montre la voie de l'affranchissement par la rupture des liens matériels. Le Christ de 3Iarcion ne ressuscite pas, mais il va dans VAdès, chercher non les saints de l'ancienne alliance qui sont destinés aux joies grossières du paradis du Démiurge, mais les infortunés païens, fils de la matière qui ne peuvent être sauvés que par lui*.
D'après l'Arménien Esnik, ily aurait eu une rencontre
» Tertullien, Adv. Marc, II, 25, 29.
2 « Phantasma vindicans Christum, non erat quod videbatur, caro nec caro, horao nec homo. » (TertuU., Adv. Marc, 3^ 8.) X^;brfr,'zq b 'Ir^aiu;. {PMI., VII, 31.)
3 Tertullien, Adv. Marc, III, 21.
* Irénée, Adv. hxres., \, 27.