DOCUMENTS OCCIDENTAUX SUR MANES
l'Egypte, qui était deveuue sa patrie d'adoption. Il a pour disciple Terebiutlie ; celui-ci s'établit en Perse et rédige en quatre livres la doctrine de son maître. Manès, adopté par la veuve de Terebinthe, imprime un puissant élan a l'hérésie nouvelle qu'il enrichit de nombreux emprunts faits aux livres sacrés des chrétiens. Il obtient un grand crédit à la cour du roi Sapor, mais il eu est honteusement chassé après avoir vainement tenté d'opérer une guérison miraculeuse sur son fils. Il parcourt l'extrême Orient, puis renti"e en Perse; il soutient de vives controverses avec l'évêque Archélatis dans des conférences publiques. Honteusement battu, il échappe, à grand'peine, a la fureur populaire pour tomber bientôt sous les coups du prince qu'il avait abusé.
Cette légende, qui n'a pour elle aucun écrivain contemporain, n'a d'autre intérêt que de mettre en lumière le caractère éclectique de l'hérésie de Manès qui s'est contenté de combiner des idées de toute provenance. La Dispute elle-même fournit sur sa doctrine plus d'un renseignement précieux auquel on peut se fier ' . La version orientale sur les origines du manichéisme a en sa faveur des témoignages plus sûrs empruntés a l'histoire nationale de la Perse et elle se recommande par un grand caractère de probabilité. C'est elle que nous suivrons
1 La Dispute d'Archélaûs ne peut être considérée que comme une compilation antimanichéenne sans authenticité. Eusèbe, pas plus qu'Ephrem^ qui vivait en Mésopotamie, n'en ont rien dit. Elle est d'ailleurs remplie d'inexactitudes. On ne connaît ni le fleuve Stranga ni le château Arabion qui tigurent dans le récit. La ville de Cascar qu'elle place dans l'empire romain appartenait aux Perses. (Voir Beausobre, I, 133-139.) La Dispute d'Archélaiis n'en conserve pas moins un grand prix au point de vue doctrinal.