‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 53 sur 387 · DOCUMENTS ORIENTAUX SUR MANES · texte numérisé non relu

DOCUMENTS ORIENTAUX SUR MANES

pour la biographie du fondateur du manichéisme '. La dynastie des Sassanides venait d'inaugurer en Perse une ère de restauration qui avait remis en honneur le culte national. Les historiens persans parlent d'une espèce de concile solennel tenu par les mages sous le roi Artaxerce pour fixer le canon de la doctrine. Un grand ébranlement fut imprimé aux esprits; il correspondait au caractère général d'une époque d'universelle rénovation, dans laquelle le mélange des peunles et des races ne permettait plus aux croyances de se renfermer entre les étroites limites d'un pays particulier. Le christianisme avait recruté assez d'adhérents pour provoquer partout la lutte et apprendre au monde que le temps des cultes étroitement 'nationaux était décidément passé. Aussi la religion de Zoroastre, en reprenant un nouvel essor, devait-elle viser aussi à ce caractère d'universalité ; mais elle ne le pouvait qu'en élargissant sa base historique et en se combinant, plus ou moins, avec l'Evangile. C'est ce que tenta un jeune Persan, né l'an 240, nommé Manès, qui semble avoir uni le génie spéculatif à une brillante imagination. On a prétendu qu'il appartenait à une de ces familles sacerdotales qui conservaient la pure tradition de l'Avesta comme le vrai feu sacré. Il est fort possible qu'il ait été mage lui-même, bien qu'on n'ait aucune donnée positive à cet égard. Ses connaissances étaient très vastes; il surpassait tous ses compatriotes. Mathématicien, astronome,

1 On trouve la version orientale sur Manès dans l'historien persan Mirkhoud. (De Sacy, Mémoires sur diverses antiquités de la Perse. Paris 1793, p. 289 et suiv.)

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