‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 55 sur 387 · SES VOYAGES · texte numérisé non relu

SES VOYAGES

turer le christianisme primitif en s'appliquant les promesses du maître sur les révélations du Saint-Esprit destinées à expliquer ses doctrines. Quelque prudence qu'il ait mis à conserver les idées de Zoroastre sous des noms chrétiens, il portait une main trop hardie sur l'ancien culte de son pays, pour ne pas provoquer une vive irritation. Le roi dont il avait quelque temps surpris la faveur la lui retira dès qu'il eut constitué une secte proprement dite et qu'il eut envoyé des disciples pour prêcher le nouveau dogme sans s'astreindre aux pratiques nationales. Ce genre d'innovation est en effet bien plus dangereux que les nouveautés doctrinales; il faut plus de hardiesse pour heurter les coutumes d'uo peuple que ses idées, la coutume étantla forme sensible, et le vêtement de l'idée qui frappe tous les regards. Sa mort fut décidée. Il se retira au delà de la frontière orientale de la Perse et poussa jusque dans l'Inde; il devait se sentir attiré vers cette terre d'ascétisme effréné et de panthéisme grandiose. Usant de tous les moyens pour obtenir la popularité, il emplo va sou talent de peintre à couvrir d'images brillantes les tem-

avoir reçu le don de prophétie; il écrivit un livre qu'il disait être descendu du ciel. [MirkliQud apud Sacy, p. 294.) Dans la Dispute d'Archéîaûs, Manès s'exprime ainsi sur lui-même : « Sum quidem ego Paracletus qui ab Jesu mitti prsedictus sum, » (Routh^ V, 73.) D'après saint Augustin, il se donnait comme l'apôtre de Jésus-Christ, c'est-à-dire l'apôtre par excellence, qui avait reçu la plénitude du Saint-Esprit (Augustin, Contra Faustum, lib. XIII, c. iv], ce qui se concilie très-bien avec sa prétention de personnifier le Paraclet; on en peut juger par ces mots de la Dispute d'Archélails : « Sicut et qui ante me missus est Paulus ex parte scire et ex parte prophetare se dixit, mihi reservans quod perfectura est. » [Disput., Routh, V, 74.) Manès envoie douze disciples à l'exemple de .Îésus-Christ. (Augustin, Liber de Hitrës,, c. 46.)

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