SES PRETENDUS MIRACLES
pies des villes où il passait. Etrange apôtre qui pour se faire bien venir commençait par favoriser les superstitions qu'il rencontrait sur sa route! Il se décide enfin a frapper un grand coup. Il se retire dans une caverne qui, d'après le témoignage de ses ennemis, n'aurait été qu'une simple grotte s'ouvrant sur une plaine fertile où il trouvait tout ce qui était nécessaire à sa subsistance. 11 prétendit y avoir été honoré des plus sublimes extases et avoir été ravi jusqu'au ciel. Dans cette retraite il compose un livre qu'il appelle son Evangile et qu'il orne de magnifiques peintures symboliques. Il le rapporte en Perse comme l'œuvre même de Dieu. Entouré des prestiges du merveilleux, on le prend pour un nouveau Zoroastre ; ses disciples se multiplient en grand nombre. 11 est bien reçu par le nouveau roi, Hormuz, fils de Sapor, qui se montre plein d'enthousiasme pour sa doctrine. Il paraît même lui avoir assuré un lieu de refuge, une sorte de citadelle où il pouvait se dérober à la haine des mages et à l'opposition des chrétiens, car il offensait également l'ancienne et la nouvelle religion en voulant les fusionner dans un mélange hybride qui les altérait l'une et l'autre. Malheureusement pour lui Hormuz ne régna que deux ans. Bahram, son successeur, était l'ennemi juré du manichéisme. Après avoir ménagé la secte par prudence au début de son règne, il montra bientôt ses vrais sentiments eu contraignant Manès à accepter une de ces discussions publiques dont l'issue est certaine quand c'est un roi qui y préside. Enfin il fit périr l'hérétique, mais non l'hérésie qui était trop conforme aux tendances de l'époque pour