SA COURTE FAVEUR A LA COUR. IL EST MIS A MORT
ne pas lui survivre, elle puisa même dans la persécution une dignité morale qui lui avait manqué jusque-là. Le supplice de Manès révèle une barbarie extraordinaire, il fut écorché vif; cependant ses disciples lui demeurèrent fidèles, et dispersés par la persécution., ils allèrent répandre sa doctrine dans le monde entier et lai acquirent une importance qui dépassait do beaucoup sa valeur intrinsèque. Les chrétiens effrayés de son influence disaient de lui qu'il avait ouvert sa bouche comme un sépulcre '.
Le système manichéen, que nous prenons aussi bien dans les écrits des disciples immédiats que dans les fragments des livres du maître, n'essaye pas un instant de voiler le dualisme absolu qui en est le principe fondamental ^. Manès ne se croit pas obligé de tailler avec soin dans l'infini les degrés savamment ménagés des émanations gnostiques et d'assigner à la matière une origine métaphysique. Dès l'origine, le monde de l'esprit et le monde delà matière sont opposés l'un à l'autre; sans aucun point de contact. ««Voulant, dit Tite de Botsra, écarter de Dieu la causalité du mal, Manès a posé le mal en face de lui et l'a fait incréé en face de l'incréé divin ^. » « Je reconnais, disait Manès , deux natures, l'une bonne, et l'autre mauvaise: celle qui est bonne ne se trouve que dans (juelques parties du monde,
1 '0 0£ 0)ç xi^sv àv£(i)Y[jivov r/wv ih ax^xa. (Roulh, V, 199.) * « Homo astutus cœpiL in nostris libris occasiones inquirere duali-
tatis suœ. » [Id., 193.) 3 Kay.îav àvTisxr,a£v à'JTW àY^'^'^'^v à^(vri]-L>). (Tit. Boisva, Contra
Manichxos, liv. I, p. GO.)