‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 61 sur 387 · MÉLANGE BIENFAISANT DE LA LUMIÈRE ET DE LA MATIÈRE · texte numérisé non relu

MÉLANGE BIENFAISANT DE LA LUMIÈRE ET DE LA MATIÈRE

manichéisme le rôle de la Sophia dans le système de Valentin, mais avec bien moins de grandeur et de poésie. Il n'y a plus vestige de cette aspiration généreuse et ardente de TEon inférieur qui soupire après l'union complète avec le mystérieux principe de son être. Nous n'avons qu'une vulgaire nécessité de défense personnelle pour le premier principe et une inexplicable défaite de l'Eon qui est son champion. Celui-ci est enlevé du théâtre orageux et obscur de la lutte comme la Sophia des Valentiniens. La portion de sa substance qu'il laisse après lui rappelle Achamot , ce produit gémissant des douleurs de la Sagesse. Au moins chezYalentin la rédemption d'Achamot est-elle de la part du premier principe une œuvre d'amour, puisque cet être infortuné se distingue de lui et qu'il est né de la révolte de la Sophia. Dans le manichéisme le Dieu bon ne fait que se racheter lui-même, car cette substance lumineuse qui s'est répandue dans l'univers est sa propre substance; il ressaisit son bien dans tous les êtres et rien d'autre. Aussi le système ne s'élève-t-il jamais jusqu'à la notion de l'amour. Il est morne et glacé comme le panthéisme.

Suivons maintenant cette œuvre de création et de rédemption dans ses évolutions successives. Le Saint- Esprit étant la puissance d'organisation qui règle le mélange bienfaisant et calmant de la lumière et des ténèbres et le soumet à des lois fixes, commence par former le firmament où les puissances supérieures de la nature sont unies à l'élément lumineux \ Le so-

' Disput., Routh, Vj5t.

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