LA MORT DÉGAGE LA PARTIE SPIRITUELLE
accusaient d'être implacable; ils voyaient dans ses prophètes des organes de l'esprit des ténèbres. On voit d'après la dispute d'Archélaiis que c'était l'un des points fondamentaux de leur système '. D'après Photius, Agapius, le fidèle disciple de Mancs, se raillait ouvertement de Moïse et des prophètes et attribuait à la puissance malfaisante tout ce qui a été dit ou fait sous la première alliance. Les Manichéensexpliquaient la mortde l'homme par un mythe bizarre qui était une défiguration nouvelle du mythe de la Sophia. Ils prétendaient que les puissances ténébreuses qui résidaient dans le firmament voyaient parfois apparaître l'image delà vie supérieure sous les traits d'une vierge céleste admirablement belle. Ils étaient immédiatement embrasés d'amour pour elle, et dans leurs efforts impuissants et douloureux pour fatteindre, ils laissaient s'écouler sur la terre leurs sueurs et leurs larmes qui engendraient les maladies et les pestes mortelles. La mort provenait ainsi d'une brûlante aspiration trompée^. N'insistons pas sur cette légende incohérente. Il est certain qu'aux yeux des Manichéens la mort est pour l'homme le dégagement de la partie spirituelle qui est emportée par la lune comme par un vaisseau céleste jusqu'aux régions de la lumière éternelle et immaculée. La croissance de la lune correspond au moment où elle s'ouvre aux âmes délivrées, son déclin au moment où elle a déposé son fardeau
' Tr,v cï TOLKonôfy YpaçYjV v.(0[X(i)oeî. (Pholius, Cod., 179. Comp, Tit. Botsra, III, p. 36.)
2 Disput., Routh, y, 56, 57.