‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 7 sur 387 · IL RÈGNE SURTOUT A ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

IL RÈGNE SURTOUT A ALEXANDRIE

On sait quel développement Plutarque a donné à la théorie des divinités secondaires et des démons. Il n'y a pas jusqu'aux stoïciens, ces hommes de la ficre résistance qui semblent aux antipodes du despotique Orient, qui n'aient à leur manière développé le thème du naturalisme panthéiste et fourni des éléments aux élucubrations du gnosticisme. En unissant la matière et la raison dans le premier principe des choses, ils ouvraient la voie à toutes les combinaisons de l'émanation. Mais le grand précurseur du gnosticisme a été Philon, car sectateur d'une religion monothéiste, de celle précisément qui a préparé le christianisme, il a dû lui faire subir une élaboration toute semblable à celle qui a'été nécessaire pour traduire l'Evangile en théosophie orientale. Nous n'avons pas à revenir sur une doctrine dont nous avons retracé les lignes principales. Partant elle aussi du Dieu caché, insaisissable, sans aucun contact avec le fini, elle développait avec prédilection la théorie des divinités intermédiaires qui, par voie d'émanation, arrivaient à produire le monde inférieur que le Dieu suprême ne saurait même toucher. C'était là ce monde du Verbe ou des idées, qui ne parvient jamais à la réalité de l'existence personnelle, malgré toutes les métaphores éclatantes ou grandioses de Philon. Il concluait comme tout l'Orient à l'ascétisme, voulant que, « comme la cigale se nourrit de rosée, l'àrne vécût d'extase. » Il avait beau épuiser les textes sacrés, et emprunter à l'Ancien Testament ses plus magnifiques images : il n'en reniait pas moins l'esprit, en substituant le salut par la connaissance et par la contemplation à la réconciliation

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