‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 75 sur 387 · LES ÉBIONITES · texte numérisé non relu

LES ÉBIONITES

immense qui a apporté le livre de révélation. Probablement la secte partageait les notions anthropomorphiques des mystères juifs et admettait une ressemblance complète entre le Fils de Dieu et l'homme. L'empreinte judaïque se retrouve dans le maintien de la circoncision et des observances légales, en tant du moins qu'elles étaient compatibles avec l'état des choses depuis le renversement du temple; le mariage était tenu en haute estime '. La secte était naturellement adonnée aux chimères de l'astrologie et de la magie. Elle ne poussait guère à l'héroïsme chrétien, car elle n'attachait aucune importance à l'apostasie '^. Toute incohérente qu'elle fût, cette doctrine se perpétua assez longtemps et essaya de se propager hors de son obscur berceau, car Origène rencontra un de ses missionnaires à Césarée, en 231, et saint Hippolyte en trouva un autre à Rome au commencement du troisième siècle.

L'ébionitisme gnostique , issu de la secte des Elchasaïtes, porte à ses conséquences extrêmes la tendance orientale et ascétique; il lui donne une forme travaillée et piquante, bien faite pour plaire aux imaginations maladives et aux esprits avides de spéculations creuses*. Le nom même de cette secte nouvelle en révèle le caractère. On a voulu y voir la désignation de son fondateur, mais Ebion a rejoint Elchasaï dans les nimbes légendaires. Le sens du mot est clair; il veut dire en

1 Epiphanc, C. //., XIX. AsTv y.aTà vci^.ov i^fjV. {PMI., IX, 14.)

2 Epiphane, C. H., XIX. Origèae, ap. Eusèbe, //. E., VI, 38.

' Voir sur l'ébioiiitismo, Irénéo, Adv. hxres , I, 2G; Epiphane, Hâtes., XXX; PhiL, VII, 34 ; Ritschl, ouvr. cité, p. 204.

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