LE SALUT PAR LES ŒUVRES ET LES RITES
forme; le sacrement chrétien était célébré dans un sens entièrement juif, puisqu'il incorporait le néophyte au peuple de Dieu an même titre que la circoncision, par un acte extérieur. La notion du pardon et de la foi justifiante disparaissait devant celle du mérite des œuvres, «Dieu a accordé aux Hébreux et aux païens, dit le Pierre des Clémentines^ la faculté de croire aux maîtres de la vérité; chacun a pu par son propre jugement accomplir les bonnes œuvres et la récompense est accordée en toute justice à ceux^ qui les ont faites. Ils n'eussent eu besoin ni de Moïse ni de Jésus-Christ, s'ils avaient voulu d'eux-mêmes se conformer à leur propre raison * .» On ne pouvait nier plus explicitement la chute et la nécessité de la rédemption. C'est toujours la froide et fausse vertu pharisaïque qui réclame le ciel comme son salaire, tout en admettant que les peines de l'autre vie compenseront l'arriéré de la dette. Le châtiment suffit à la libération-. La dévotion et ses vaines pratiques l'emportent sur la morale éternelle. La religion est une affaire de rites et de cérémonies ; seulement les nécessités du temps et l'influence de l'essénisme ont modifié le rituel. Les ablutions remplacent les sacrifices, mais le principe est le même. C'est toujours cette espèce de trafic qui veut acheter et non recevoir les dons de Dieu. «La religion divine, lisons-nous dans les Clémentines^ consiste en ces points : adorer Dieu seul, ne croire qu'au prophète de la vérité, recevoir le baptême pour le pardon des péchés, renaître ainsi dans le bain
1 Homil., YIII, 5.
2 Id., XI, 16.