‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 81 sur 387 · UNITE ABSOLUE DE DIEU · texte numérisé non relu

UNITE ABSOLUE DE DIEU

purificateur par cette eau qui sauve; s'abstenir de la table des démons, c'est-à-dire des viandes sacrifiées aux idoles, des bêtes mortes ou étouffées ou tuées par d'autres bêtes, ou ayant encore leur sang; ne pas vivre dans l'impureté; faire ses ablutions après les rapports sexuels. Les femmes sont tenues d'observer soigneusement les purifications légales; tous doivent être sobres, faire le bien, éviter Tinjusticc, attendre la vie éternelle du Dieu tout-puissant , et obtenir sa faveur par des prières et des supplications incessantes. * » La charité, le pardon des offenses ne trouvent pas place dans cette morale appauvrie. Les Clémentines battent ainsi en brèche aussi bien la doctrine de saint Paul que l'interprétation exagérée qu'en avait donnée Marcion dans sa fougueuse opposition au judaïsme.

La partie spéculative du système est surtout dirigée contre le dualisme tranché du fameux gnostique. Les Clémentines s'efforcent de se passer du Démiurge et de formuler un monothéisme rigide; elles n'y réussissent pas, parce qu elles aussi désertent le terrain moral et recourent à la théosophie pour expliquer l'origine du mal. Le point cardinal des Clémentines est l'unité de Dieu. « Sache avant tout chose que personne ne partage le pouvoir avec lui". » Ce Dieu unique ne ressemble en rien à l'abîme sans fond des Valentiniens ou à VUn ineffable de Philon. Il a une forme corporelle, et comme toute forme doit avoir sa délimitation, il est enfermé dans le vide immense

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