‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 90 sur 387 · LE MONTANISME ORTHODOXE POUR L'ESSENTIEL · texte numérisé non relu

LE MONTANISME ORTHODOXE POUR L'ESSENTIEL

combattu le giiosticisme par les mêmes armes que les défenseurs orthodoxes de l'Eglise ; ses vues sur la personne de Jésus-Christ participent au caractère plus ou moins indéterminé et flottant de la théologie du temps, sans mériter à aucun égard le reproche d'hérésie qui l'eût sans doute atteint deux siècles plus lard. Cette orthodoxie sur le fond de la doctrine ne donnait cependant pas au raontanisme le droit de revendiquer sa place dans la catholicité évangélique, car il était lui-môme un principe d'exclusion implacable et irréconciliable. Il faut tenir compte de cette situation complexe pour apprécier sainement ce grand mou^ement. Par un côté, il se rattache à l'orthodoxie de son temps; aussi n'hésiterons-nous pas, comme tous les historiens de dogme, à ranger TertuUien parmi ses plus illustres théologiens pour toute la partie de son œuvre qui n'a pas l'empreinte sectaire. C'est précisément cet accord sur les points fondamentaux qui a permis au montanisme d'exercer librement son influence dans l'Eglise, avant d'être repoussé par elle. Il y a toute une période de son histoire pendant laquelle il n'est qu'un parti ou une tendance traitant avec les autres partis sur un • ied d'égalité. Pour le moment, nous n'avons à nous occuper du montanisme qu'en tant qu'il est devenu une doctrine particulière ou une secte, en se plaçant en dehors de la catholicité évangélique des premiers siècles. Il se jetait, en quelque sorte, dans une voie de traverse qui ne pouvait aboutir, car elle était en dehors du développement normal de la pensée religieuse et de la société chrétienne, bien que, sur plus d'un point, il eût raison contre ses

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