‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 9 sur 387 · LA GNOSE SE JOUE DE L'HISTOIUE ET DES TEXTES · texte numérisé non relu

LA GNOSE SE JOUE DE L'HISTOIUE ET DES TEXTES

gré, mais il ne se joue pas moins des textes, grâce à un perpétuel système d'allégories qui donne pleine carrière à l'imagination. Quand on infuse dans les mots le sens qu'on désire y trouver, ils se prêtent à toutes les inventions de l'esprit ; on les traite comme les pièces d'un damier.

En usant d'une exégèse aussi arbitraire, les gnostiques, comme le leur reprochait Irénée, « déchiraient les membres de la vérité *. » « Ils sont semblables, ajoutaitil, à un homme qui possédant l'image d'un roi, faite par un grand artiste avec des pierres précieuses, détacherait ces pierres précieuses, et par une disposition nouvelle, eu tirerait maladroitement l'image d'un renard ou d'un chien, tout en prétendant qu'il a conservé la noble figure parce qu'il met sous nos yeux les mêmes joyaux. «

fidèle à l'éclectisme du temps, le gnosticisme recevait de toutes mains les symboles et les allégories ; il puisait aussi bien aux sources païennes, qu'aux livres sacrés des Juifs et des chrétiens. Le thème fondamental de tous ces systèmes est la production de l'existence finie et contingente par voie d'émanation ou bien par le mélange du principe divin avec la matière éternelle ; les êtres devenus multiples font retour à l'unité primitive ; la parcelle divine qu'ils renferment, retourne à son foyer. Entre la sphère du divin et la sphère de la matière s'étend la région des puissances intermédiaires qui servent de chaînons entre les deux mondes; c'est la

* A'JOVCSi; "cà [fÀX'f] TYÎç (xAYjÔâîaç. [Contra hxres., 1,1.)

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