IL VEUT UN MIRACLE PERPÉTUEL
adversaires, et qu'il obéit au début à la plus noble inspiration.
Cette inspiration était la poursuite de Tidéal le plus élevé, le plus austère, mais conçu de telle sorte que l'Eglise ne pouvait plus prendre pied sur la terre, et qu'elle se réduisait à n'être qu'une association de saints des derniers jours. L'erreur fondamentale qui se mêlait à cette inspiration jileine de grandeur était de ne comprendre l'action du christianisme que sous la forme d'un miracle permanent ; ce n'était plus le surnaturel s'emparant de l'ordre naturel, le pénétrant, le transformant; c'était l'opposition tranchée, constante, entre les deux domaines. La vie chrétienr.e n'était plus simplement rapportée à un principe miraculeux, intervenu dans l'histoire comme une puissance de réparation et de salut, pour inaugurer en définitive un développement historique nouveau. Non, elle doit être maintenue*à l'état de prodige perpétuel; tout serait perdu si elle admettait un seul instant le concours de l'activité naturelle, du labeur patient, si elle se pliait aux conditions d'un développement lentement progressif. La religion de l'Esprit n'est pas un soleil nouveau qui s'est levé à l'horizon de l'humanité, et qui doit avoir son cours régulier après le miracle de son apparition; elle ne doit pas cesser d'avoir Técht soudain de la foudre, c'est un long orage ; les éclairs remplacent les rayons. Le divin ne s'harmonise pas avec l'élément humain, il fond toujours sur lui comme sur sa proie; il le domine, il le terrasse. Cette tendance a reparu bien des fois dans Ihistoire du christianisme sous des noms di-