‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 92 sur 387 · IL VEUT UN MIRACLE PERPÉTDEL · texte numérisé non relu

IL VEUT UN MIRACLE PERPÉTDEL

vers, mais il est d'un haut intérêt de l'étudier dans sa première forme , qui fut la plus remarquable , parce qu'elle participa à la grandeur d'une époque héroïque.

Au fond, le montanisme n'était qu'une réaction emportée contre Tordre établi qui est toujours enclin à la routine; il participait au tempérament fanatique de la race qui le vit éclore et au génie passionné de son plus illustre représentant. Il nen pouvait pas moins se réclamer du plus glorieux passé du christianisme. En effet, l'Eglise de Jérusalem au lendemain de la Pentecôte nous présente ce caractère de surnaturel absolu, tranchant sur le fond de la vie commune. Elle attend le solennel coup de minuit qui annoncera le retour de l'époux mystique; elle se croit sur le seuil de la salle des noces éternelles; les reins ceints et la lampe allumée dans les mains, elle s'imagine ne plus appartenir à la terre; peu s'en faut qu'elle ne renonce à toute propriété particulière dans le premier entraînement de la charité. Elle est comme dans l'extase, les yeux levés vers le ciel d'où les flammes de l'Esprit-Saint sont descendues sur elle. Les prodiges se multiplient sous sa main ; ses divines pensées, comme un vin nouveau qui brise le vase qui le contient, ne peuvent se renfermer dans la parole ordinaire. Cet état étrange et sublime, doit être nécessairement transitoire ; déjà au siècle apostolique, le fleuve qui s'est montré si impétueux à sa source, a creusé son lit et coule entre des rives déterminées. Plus on avance dans le premier siècle, plus l'extase et le prodige diminuent; l'enseignement calme et appro-

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