UO SA PROPAGATION EN AFRIQUE
lutte décidée ne commença qu'après que l'évêque de Rome eût affiché la prétention de pardonner les péchés les plus graves, tels que l'adultère'. A Lyon, le montanisme avait trouvé quelque accès, grâce aux relations qui existaient entre l'Eglise de cette ville et les chrétiens d'Asie Mineure, mais on n'y était pas fixé sur le caractère de la secte. Irénée fut envoyé dans la capitale de l'empire, porteur d'une lettre qui demandait des explications et des renseignements^. L'attitude qu'il prit à son retour vis-à-vis du montanisme, la vive polémique qu'il engagea contre lui, montrent clairement de quelle nature fut la réponse des chrétiens de Rome^.
C'est dans l'Afrique proconsulaire que le montanisme recruta le plus d'adhérents. On voit par les Actes du Martyre de Félicitas et Perpétue qu'il avait rallié à lui quelques-uns des plus nobles confesseurs de la foi *. Tertullien en l'embrassant lui donna tout le prestige et toute la puissance de sa merveilleuse éloquence ^. Le succès du montanisme fut aussi court que brillant. Le crédit dont jouit le grand apologiste de Carthage auprès de Cyprien, l'homme de l'autorité et de la règle, prouve suffisamment que peu d'années après sa mort on ne re-
du montanisme pour que sous leur épiscopat il pût être question d'apaiser une querelle qui n'avait pu naître encore.
< Il s'agit sans doute des faits reprochés par Hippolyte à Zéphirinus [PhiL, lib. IX) : « Audio edictum esse proposilum et quidem peremptorium. Pontifex scilicet maximus, episcopus episcoporum edicit: Ego et mœchise et fornicalionis delicta pœnitentia functis demitto, » (TertuU., De pudic, I.)
* Eusèbe, V, 3.
5 Eusèbe, V, 20.
* Ada Perpetuse et Felicit.
5 Voir sur l'accession de Tertullien au montanisme, le vol. III de mon Histoire^ 2Miv., 2' c, §2.