SON MATÉRIALISME PROPHÉTIQUE
doute plus chez lui le schismatique et qu'on ue craint pas de relever ses grandes qualités.
Considérons maintenant la doctrine montaniste en tellemême. Elle a pour inspiration première le sentiment trèsvif de la fin prochaine de toutes choses. Le montanisme ne se contente pas d'insister sur le devoir du chrétien, d'attendre incessamment le retour glorieux du Christ; il fixe une date au delà de laquelle il n'admet pas que l'histoire humaine continue. « Après moi, s'écrie l'une de ses prophétesses, il n'y aura plus de prophètes * . » Tertullien peint en traits enflammés les grandes scènes du jugement dernier qu'il attend d'une heure à l'autre. Son imagination échauffée se plaisait à se représenter le règne de mille ans sous les couleurs les plus brillantes : « Nous attendons le règne qui nous est promis sur la terre ; avant que nous soyons transportés au ciel, notre condition sera toute nouvelle. Après la résurrection nous habiterons pendant mille années dans la cité faite par la main de Dieu, qui est cette Jérusalem céleste que l'apôtre désigne comme notre mère^ C'est là que résideront les saints, ils seront comblés de tous les biens spirituels en compensation de ceux que nous avons méprisés ou perdus dans la vie présente. »
Les saints ressusciteront chacun à son jour, qui est marqué par ses mérites. La conflagration du monde et le jugement dernier seront le dernier acte du drame.
» Mst' l\>.ï irpo<pY3Tiç oùxéirt ecxat, aXXà cuvtsXsu eGTCti. (Epiph., Hxres., 48, 2.)
« «Confiteraur in terra nobis regnum repromissum , in mille annos, in civitate divini operis Hierusalem de cœlo delata. » (TertulL, C. Marc,