LE JUDAÏSME FONDÉ SUR UNE RÉVÉLATION
le ses Yeines en tant que peuple sémite, ou que celle (u'il lisait sur le sable du désert où ayaient campé ses lères. « Us n'eussent jamais conquis le dogme de Funité fime, s'ils ne Toussent trouvé dans les instincts les ia» impérieux de leur esprit et de leur cœur. Le délert est monothéiste * » L'assertion paraît pour le moins Muardée quand on se rappelle Fentrainement souvent iTéaistible des Juifs vers Fidolàtrie cananéenne. Qu'on ifrsoavienne que cet instinct si impérieux vers le monohësme a eu pour première manifestation la construction iiiTfiftu d'or dans le déserti Pour nous, quand nous compuDos l'état moral et religieux du peuple juif à son tempéitment national, inférieur à tant d'égards à celui d'autes peuples, et surtout quand nous mettons ses Uvres ttorés en regard de ceux de l'Inde et de la Perse, nous trouTons que nulle difBculté, au point de vue rationnel, ^ig^le celle de son histoire et de son développement si lion rejette l'idée d'une révélation. Nous reconnaissons pie Tombre ici est singulièrement mêlée à la lumière, ibis une grande partie des objections tombent dès que *oii admet une progression dans la révélation divine, pî sait bégayer avec l'homme des premiers âges pour 'amener peu & peu et par degrés sur ses hauteurs lumi- «uses.
Ou ne saurait trop admirer la correspondance exacte ^lie par Dieu entre les dispositions de ceux qui ref^yent la révélation et la révélation elle-même. Dans ^' révélation comme dans la conversion, la grâce et
.4 Benaoy: Hùtoire des langues sémUiquei, Pafiv, i«B6, p* 6* .
356 IL EXraUfE LES ASPIRATIONS DE L'AMCSEN MONDE.
la liberté s'anissent par un lien mystérieux. Mais, ainsi que nous rayons dit, cette correspondance entre Dieu et Thomme se réalise sur une grande é<^eUe dans rhistoire générale des religions ; elle se retrouve dans le rapport du judaïsme au paganisme. 11 n'est rien dans la révélation judaïque q^ ne répoiuk à des besoins manifestés dans les anciennes mytfaologies. Se plaindre du caractère spéciid qu'elle a revéto, c'est se plaindre en réalité des aspirations de rhiimanité ; car dans l'économie mosaïque, Dieu se bonie à refaire parfaitement ce que la race déchue a vainement essayé dans ses fausses religions. Le paganisme estk^ religion du temps de préparation, mais altérée et défigurée, tandis que le judaïsme est cette même religion épurée par Dieu. En fait, le problème résolu par le se^ coud était déjà posé par le premier.
Nous avons esquissé l'histoire des anciennes leH-gions; nous n'avons pas à y revenir. Demandons-noo^ quel en était le fond divin ; descendons à leur dernière profondeur afin d'y saisir ce qu'elles avaient de vrai^* de légitime. Toutes ces religions révèlent chez l'homm.^ le sentiment de sa misère et le besoin d'une réparatioiv^ Ce besoin est immédiatement faussé par l'adoration d^^ la nature. L'homme rapporte sa misère à une puissance malfaisante à laquelle il ne peut se soustraire, et, eoa-' fondant une des manifestations du bien avec le bien lofmême , il demande au soleil et au printemps le soulage' ment de ses maux, comme à de souriantes divinités» Toutefois son sentiment religieux n'.est pas satisfait paf cette mythologie purement naturaliste ; il est constam-
RAPPORT DU JUDA&ME AVEC LES AKCIEIlMES RELIGIONS. }37
lent entraîné par ranthropomorphisme h Server ses ieox pins hant que ne le lui permettent ses eoneeptions i^thologiques. Il soupire après un salut meilleur que B retour de la belle saison, et il redoute des maux plus (rayes que FhiTer et sa stérilité. On se trompe toujours ptand on prend Thomme comme un être ezclusÎTement lOfique et que Ton veut faire rentrer dans un système nrariable et précis son ondoyante nature. Tous les eultes de Tantiqnité reposent sur quatre institutions (fineipales, qui sont comme les quatre colonnes de Tëdifice religieux qui a abrité Thumanité ayant Jésus- Ciirist. Ces quatre institutions sont : le sacrifice, le Meerdoce, le sanctuaire ou le lieu sacré de Tadoration, In fêtes religieuses ou le temps sacré de Tadoration. H i*e8t pas une seule religion qui n'ait ses autels, ses piètres, ses temples, ses jours consacrés.- Une même idée se retrouy« dans ces institutions , et c'est précisément celle que Dieu a mise à la base du judaiisme.
Lé sacrifice est une offrande aux puissances «upéifciires. L'homme reconnaît que la Diyinité a des droits *vr lui, et, le plus souyent, qu'il a des torts enyers ^ qui exigent une réparation de sa part. Aussi lui ^I^H;41 ce qu'il a de meilleur et presque toujours ce Vii lui coûte le plus. En s'approcbant de l'autel, il ^nmye un mélange de crainte et d'espoir. Il redoute ^i qu'il yeut apaiser, mais il croit pourtant qu'A P^tirra Fapaiser; sinon il ne renouyellerait pas un* ^cittatiye qu'il saurait inutile.
Ce mélange de crainte et d*espoir est égalemest I 17
V» iRSTrnmœss QOMiiGKESu
reconnaissable dans le sacerdoce. La prêtrise est me médiatioa entre Thomme et Dien; elle soppase donc chez le premier une terreur secrète qui Tempêclie de s*approcher librement de son Créateur. Mais en même temps il ne se croit pas entièrement incapable de communiquer aTec lui , et il choisit les plus dignes d*entre ses semUables, souTent ceux du rang le plus éleré, rendus Ténérables par le diadème ou par la couronne des cheTeux blancs, pour qu'en son nom ils consultât le ciel , lui rapportent ses réponses, et présentent au dieux les hommages de la terre.
n éprouTe les mêmes sentiments mélangés à Fégaid du monde qu'il habite. Il le considère comme un liei profane et souillé. Aussi ne pense-t-il pas qu'il soit digne d*6tre habité par la Divinité. Il cherche à lui ofiir un lieu exceptionnel, une résidence digne de sa présence. Yoilà pourquoi il bAtit des temples.
Il met également à part des jours qui sont sacrés entre tous et qui sont Toués à Tadoration, par la raison qn*3 regarde sa irie ordinaire comme impure; il ne se croit pourtant pas repoussé par ses dieux d'une manière absolue, puisqu'il a déterminé des lieux et des moments où il ose s'approcher d'eux. Ainsi la rdigion de l'ancien monde exprimç, par d'expressifs symboles, la situation de Thumanité depuis la chute ; celle-ci se sent dégradée, mais non perdue sans espoir; et eDe manifeste ce double sentiment par ces quatre grandes institutions religieuses, qui, toutes, reposent sur la distinction du profane et du sacré, c'est-à-dire sur la mise à part de certains objets, de certaines localités, de cer-