LA LOI ET LA PROMESSE
doit relever toutes les ruines accumulées par la chute ; et tout d'abord la plus délabrée de ces ruines, cette nature humaine si misérablement dégradée et dans laquelle ne brillent plus que quelques traits effacés deTimagede Dieu. Ce qui n'est ailleurs qu'une vague attente, une aspiration confuse, est, dans le judaïsme, un ferme espoir qui se dégage de plus en plus des enveloppes grossières qui Tout contenu d'abord. La foi au Dieu saint et l'attente du Messie, c'est toute l'ancienne alliance; l'idée du Messie ne lui est pas moins essentielle que le monothéisme. Jéhovah n'est pas seulement le Dieu de sainteté, il est aussi le Dieu qui veut sauver le monde par le Messie, issu du sang d'Abraham. Il ne donne pas seulement une loi , miroir de sa sainteté ; il donne encore une promesse. Le judaïsme entier repose sur la loi et sur la promesse comme sur ses deux colonnes ; la loi révèle le Dieu unique et saint; la prophétie annonce et préfigure le Rédempteur. L'une et l'autre révélation s'unissent et se concertent pour développer le désir du salut ; la loi , ou la révélation du Dieu saint , manifeste avec puissance l'état de péché et de corruption; elle nourrit cette tristesse et cette épouvante salutaire qui font soupirer le cœur après la délivrance; la promesse ou la révélation graduelle des plans de l'amour divin ravive incessamment l'espoir de la délivrance. Tout se combine ainsi pour produire au sein du peuple élu «ces dispositions précieuses que toute l'économie prépara-, toire a pour mission de développer, et qui n'apparaissent que mélangées et affaiblies dans le paganisme * .
1 M. Bunsen^ dans son livre d'un si haut intérêt : Gott in der GenhkHe,