LE SACRIFICE. 2T
la Tictime. On s'est attaché trop exclusivement, dans l'interprétation du sacrifice judaïque, à ce dernier tvUt, comme s'il s'agissait uniquement, pour l'Israélite, d'apaiser la justice de Dieu par le sang des agneaux et des taureaux. Nous ne nions pas ^e ce point de vue n'ait reçu une certaine sanction de la part du mosaïsme ; révélation de la justice et de la sévérité de Dieu , il devait proclamer que toute désobéissance à la loi méritait la nort. L'immolation de la victime rappelait cette terrible sanction du Décalogue. Le sacrifice juif portait le scedii le l'économie à laquelle il appartenait; il était incomplet comme elle. Il a été, comme toutes les institutions Dosaîques, aboli en même temps qu'accompli dans la louvelle alliance. C'est dire que le sacrifice du'Calvaire le peut lui être en tout point semblable , et que nous l'avons pas le droit de préjuger la nature du second L*après le caractère du premier. L'Evangile nous apporte de nouvelles lumières sur Dieu; sans diminuer a sainteté , il révèle l'accord entre sa justice et son tmour. D'ailleurs la victime immolée à la croix n'est ms identique à la victime du temple. Ces différences )iitre les deux économies nous interdisent une assimiation complète entre les deux sacrifices. Beconnaissons lussi que l'on fait tort au sacrifice juif quand on n'y voit pi'une expiation par le sang. On n'a pas donné assez ^importance au fait de l'offrande elle-même. L'offrande •eprésentait le don du cœur à Dieu. Gomme la victime îtait symboliquement substituée au pécheur, celui-ci, m l'immolant, exprimait sa volonté de se donner sans réserve à Dieu, et de mourir à lui-même. Le sacrifi^ce
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représentait donc Tacte saint par excellence. Mais évidemment le signe dépassait la chose signifiée ; nnl n'ayait la pureté symbolique de la yictime; nnl ne se consacrait absolument à Dieu. Ainsi cette institution si importante développait à la fois le atfitiment de sa propre insuffisance et Taspiration vers nn sacrifice meillenr. Par on côté 9 par celui de la mort de la victime , le sacrifice rappelait la justice du Dien ofiensé et le salaire du péché; par Tautre, il nourrissait Fespoir du salut. Ilâd- Mit surgir une espérance de cette mort ; accepté de Dieu, il devenait une prophétie de la réconciliation future'. On sait quelle importance la législation mosaïque a donnée à Férection d'un sanctuaire. D*abord mobile comme une tente , il devint sous Salomon , au temps de la plus grande gloire d'Israël, un majestueux édifice. Le lieu saint est à la terre sainte ce qu'est la prêtrise au penple élu ; c'est là que Dieu manifeste surtout sa présence. Les sacrifices ne peuvent s'oi&ir que sur Fautel qui est au centre du sanctuaire^. La terre maudite n'offre d'autre asile au culte du vrai Dieu que cette enceinte qui lui est consacrée^. L'institution du sabbat ou du jour du repos implique également la notion de la condamnation ; les occupations ordinaires de la \ie ont un caractère profane ; elles doivent être suspendues pour offirir
1 Bahr nous parait donner une explication trop sabtile du sacrifice, quand^ s'appuyant sur le passage de la Genèse qui voit dans le sang rame de ranimai (Genèse IX, 4), il \oit dans l'aspersion du sang sur Tautel le symbole de la mori au moi ou à Yégoisme, le sacrifice n'étant pins alors que l'image d'un acte de renoncement.
« Exode XXVII.
» De Wette, Archmoloffie, § GXQV.