MS FÊTES JUIVES
à Bie« le «tftte le plu& soleancl. M ais onedi it possibilité d^offirÎT'ee 'cstle renferme une promesse àe réeoBiQilîitiott; la bénédiêtion exceptiosnelle aoDO&ce la bénédic- *figo pefixnmefite. Les temps doivent venir oà tous les ImsBKs penrroorî , à toute himre et en tout lieu, offrir à Dieu le sacrifice spirituel * .
ChiQe Toft, les qimtre grandes infititutioi»» de F économie prëparato&?e, pénétrées chacune de Tidée fondamentale qui avait présidé h Téleclion d'Israël , ont élé coHipIéteiBent dégagées , par le moeaîsme, de Falliag^ jBapm des religions de la nature. Elles ont proelanië fiaBB cesse et avec force la déchéance et le pardos, eB rappchint la sainteté et la bonté de Dieu. La loi ^%l k promesse circulent par leur moyen dans tout le Biosâï^ne comme le sang dans nos veines, et l-histoire d%raffl, où la justice divine éclate par de sévères chAtiments bientôt tempérés par les marques miraculeiises -d'wi paternel amour, se déroule de Meifse à 6amwdl eomme un magnffîque commentaire des institutions nàr timiales. Les fêtes sdlenndles, qui sont la Fftque, la fête 4ii taâ^emacle etla Pentecôte, concourent au même Intt. L%ne rappdite la sortie d^Egypte, Fautre la période si remarquable du désert , et la troisi^ne est destinée à cAébrer la libéralité de Bieu^qui couvre la terre d*abonr dimles moissons^.
Jàe grand jovr des expiations , recueillant en un settil enBéigneRient symbolique tous les ense^enrents du mesaïsme., signale avec une force incompsrrorble la gra-
« Exode X!X, 8-12. — « Exode XII, 14.
i%0 LA PROPHETIE HÉBRAÏQUE.
Yité de la déchéance et la généralité de la corruption. Il mpntre par le premier de ses rites que le sanctuaire luimême a besoin d'être purilSé, tandis que par l'immolation d'un bouc au nom du peuple et renvoi au désert du boue maudit chargé des péchés d'Israël, il rappelle la nécessité d'une rédemption *.
La seconde grande période de F ancienne alliance est celle des prophètes. Des deux éléments essentiels qui constituent le judaïsme, F élément de la promesse Tem porte sur F élément de la loi, sans cependant Tefiacer. On se trompe quand on considère le prophète comme appelé exclusivement à prédire l'avenir. Il a pour vocatk)n de raviver la pensée fondamentale qui est à la base de Fancienne alliance, de rappeler au peuple élu la rai^ son profonde de son élection, de le retenir sur la pente toujours glissante de Fidolàtrie par de solennels avertissements, et d'entretenir en lui la foi dans ses glorieuses destinées. La prophétie empêche les institutions de F économie préparatoire de se pétrifier; elle en dégage incessamment le sens véritable; elle réagit contre le formalisme qui menace de substituer à Faspiratiim vers F avenir Fidolàtrie stupide du passé et le mécanisme d'une piété d'habitude. Semblable à cet ange de FApocaljpse qui, dans sa coupe d'or, recueille les prières des saints, elle recueille les soupirs et les aspirations du peuple élu, en même temps qu'elle lui annonce la réalisation de ses vœux, et les rend, par là méme^ plus précis et plus ardents. Aussi le prophète n'est point lié à
1 Lé vit. XVI, 11-14.
GA|jl^CrÈR£ DU PROPHÈTE. 284
rdre sacerdotal; son ofiBce ne repose pas sur une instidon posiUye, mais sur Tinspiration. L'esprit de Dieu ^chercher tantôt au désert parmi d'humbles bergers, mme Osée ; tantôt sur les marches du trône , comme ^onie, qui était de la famille royale de Juda; tantôt irmi les sacrificateurs, comme Jérémie et Ezéchiel. On a beawoup agité la question de savoir de quelle iture était Finspiration prophétique. Les uns, avec mdd, n'y voient qu'une perception vive des grandes is du monde moral , une pénétration profonde de la Elisée religieuse , une intuition des volontés de JéhoihMe prophète, danteette hypothèse, est un Israélite eux qui trouve l'inspiration dans sa ferveur et son Évation morale, et qui, par une déduction hardie, tire 8 conséquences des lois générales qu'il a^ entrevues ^ec plus ou moins de clarté et prévoit ainsi l'histoire ^ empires. C'est ainsi qu'il annonce le châtiment des ^ants , quelque puissants qu'ils soient , fussent-ils >f kllfrône de Babylone ou de Ninive, tandis qu'il prédit K justes le triomphe sur leurs ennemis et la bénédic- Hi de Dieu. D'autres, à commencer par les Pères et à ^ par Bossuet et beaucoup de nos modernes ortho- ^xes, assimilent l'inspiration prophétique à un état i^tase qui suspend tout à fait le cours de la vie mole*.
Noas ne saurions admettre aucun de ces points de le. Sans contester que l'inspiration s'accorde avec rtaines aptitudes religieuses, nous ne pouvons réduire
Ewald, Die Propheten des alten Bundes, p. 2 et 19.
BèngBteiiberg, Chràlkkfite des alten Test. 3. Bd. Berlin, 1829-1885.
i82 SYMBOLISME DE LA nCWHÉnBiiÉBaAiQCE.
la prophétie à n'être qu on fût entiêremeiit oolnpd. Elle a reça des ré^élatiaiis poûfiTes qid n*étûeiit pas montées du cœur de ThcNiime, mais qui descendaîeHt directement du ciel. D'an antre coté, le fÊtaphè^ mtA p» an simple instromeut passif; en le conaidénmt aÎBSÎ, on le rabaisse au rang du devin et on asaiflaile «es oncles à ceux de la pythonisse. H est, sekmwias, tootpénétré des vérités dont il est Fcurgane ; il parle an nom de Dieu et pourtant c'est bien sa Toix qui retentît avec faecent particulier de son individualité , et la pande de l'Eternel a traversé son cœnr avant de passer par a bouche.
C'est précisément cet accord moral entre le pn^àëte et la révélation dont il est le pcnrtear qui marque le gri| grès accolbpli pendant cette période. La révâation a'a plus le caractère extérieur qu*elle avait an tem^ des patriarches. Dieu ne parle plus du dehors, en qnelqv sorte; il ne parle plus seulement à Thonune, il paiie par lui; celui-ci est son organe vivant. Kous-fiopuoes ainsi rapprochés des temps bénis où Thumanité et la divinité seront étroitement unies dans la personne Ai Bédempteur.
Les symboles dont se sert le prophète sont empruntés au milieu où il est placé ; ils varientd* époque en époque. L'avenir est toujours représenté par lui sous les couleurs du présent. H y a, du reste, une raison profonde à cette méthode qui s'impose à lui d'elle-même. En efiEet, le présent ne doit pas être isolé de l'avenir; il le contient en germe , il le prépare. Il le renferme comme le grain de blé renferme l'épi. Cette vérité , <piifiBt d'une ajppUca-
RAmn DK juk noPHÉns et de L'm^roiiŒ. sss
tion universelle , a une importance toute spéciale dans récoaomie préparatoire. Cette économie, plos encore ifu'aïunine antre^a son Jbut en dehors d'elle ; chacune de ses périodes n'a d'importance que dans la mesure où elle hâte Faccomplissement des desseins de Tamour diYin. On n'en a la vraie signification que quand on saisit sa relaiton ayec Tayenir. Montrer Tayenir dans le présent, et conmie sons FenTcloppe des éyéuements contemporains, c'est comprendre la grande loi de Thistedret et surtoatla loi du règne de Dieu. Il n'y a donc rien d'arintraire dans la méthode des prophètes. Ils
dégagent le glorieux a^bnir d'Israël et de Thumanité des
Toiles du présent, mais Us ne le font que progressive- Jhjpnt. Chaque éyénement agrandit leur horizon prophétique, parce qu'il tend lui-même à préparer effectivement la venue du Messie. Aussi la prophétie marche avec l'histoire; elle fait un pas en avant à chaque période aouveUe ' .
BLjpitnotoire que les livres sacrés d'Israël renferment, dès leurs premières pages, une promesse de salut qui déborde de beaucoup les étroites limites des préjugés nationaux. Nous j lisons que la postérité de la femme doit écraser la tête du serpent. On ne dépasse pas le symbolisme assez vague de ces paroles en y reconnaissant la promesse générale d'un triomphe futur remporté par l'humanité sur la puissance du mal. La promesse jbite à Abraham est plus précise ; c'est de son sang que doit sortir le bienfaiteur mystérieux qui relèvera la race
284 ÉVOLUTIONS DE LÀ PROPHÉIIB HËNUiQUE.
entière : Funiversalisme, dès le premier jour, phne au-dessus du judaïsme. Le thème de la prophétie est ainsi donné : il s'enrichit à chaque phase nouyeDe de rhistoiredu peuple élu. Le bienfiutenr mystérieux est attendu de génération en génération ; tous les gnuMb héros religieux d'Israël contribuent pour leur part à préparer sa venue. Aussi la prophétie 'îfeur attriboet-elle le caractère du Messie; ils sont ses précurseurs et par là môme des types qui le préfigurent. Seulemeni ici le type est très inférieur à la réalité. Aucun humaà ne répond au portrait tracé du Messie. Aussi les et pérances un instant rattachécil à leur personne preineut de nouveau leur essor vers l'avenir ; Fidée du Sa» veur devient de plus en plus spirituelle, elle se dég(É de son enveloppe nationale. La royauté, îUustréepir David et célébrée par lui dans d'admirables psaumes, d'où la grande espérance d'Israël débordait dans itt lyrisme sublime, parut longtemps un type suffisant di 3Iessie. On s'attendait à le voir monter comme inirhéri: tier de David sur le trône de Jérusalem; mais aucun de ses successeurs, pas même Salomon, ne répondent! cet idéal si grand et si pur. La prophétie tire son profit de cette décadence morale des rois de la nation élue; le côté terrestre de l'espérance s'efface de plus en plus; le libérateur apparaît sous l'image du serviteur de l'Eternel, qui sera l'ami des débonnaires, le réparateur universel rassemblant toutes les nations sur une terre renouvelée. On sait jusqu'où s'élève cet idéal dans la seconde partie d'Esaî'e. Peu importe sa date ! Elle remonte en tout cas aux temps qui précèdent la déca-
ÉVOUmONS DE LA PROPHÉTIE HÉBRAÏQUE. 385
nce. La grande notion du salut opéré par la douleur y t déyeloppéc avec une merveilleuse clarté * . L'esprit ophétique nous porte sur le seuil de TEvangile. Les uflkBnces de Texil, entrevues d'avance ou expérimenes, ont préparé cette évolution si importante dans »pérance du Messie. L'universalisme, qui était à la icine même do judaïsme, reparaît comme sa plus belle eor au moment de son plein développement. Les proliëtes associent tous les peuples au règne béni du Ewie. Les premiers d'entre eux avaient semblé rattalier ce règne aà retour de l'exil , car nul événement e l'emportait sur celui-là aux yeux de leur patriotisme tient; mais le tablean brillant qu'ils avaient tracé L s'était pas réalisé à cette époque. De là un essor Rveau de la prophétie ; elle reporte les regards de la fttion vers un avenir plus lointain, où toutes les grands promesses du passé recevront leur accomplisseteat Nous verrons plus tard le développement de iQs JM germes précieux qui ont été déposés dans les eanTMas Tinfluence d'une humiliation salutaire. Ce progrès de la prophétie, correspondant au dévej^pement des destinées d'Israël, n'a pas Ueu de nous )nner, car le maître de la révélation est aussi le litre de l'histoire. Il les fait concorder au même but; les pénètre l'une par l'autre afin qu'elles se servent itaellement de commentaire, Hous ne nions pas qu'il n'y ait , dans les écrits des ophètesy des prédictions spéciales très positives;
un. — * Voir les dernien chapitreB de Malaehie.
2»6 INFLUENCE K LA PBOPflÉTIE.
nous le croyons même fermement, bien qa*efles smest itn moins grand nombre qu'on ne le pense quelquefois. Ce prophétisme viTant et organique qui, à eliaqi^ période de rhistoire, s'élève tout entier d'un degré loas ri aspiration de l'Esprit de Dieu, Au» la coneeptimi spirituelle du SauTenr, a une valeur bien plus grande qu'une simple collection d'oracles épars Sont l'unique but aurait été de faire reconnaître le Messie à son apparition sur la terre. Les prédictions ont leur prix, que nous ne contestons pas ; mais il ne faut pas I^exftgérer, au point de s'imaginer qne le prophète eut pour principale mission de les prodiguer. La prophétie judaïque a préparé les Toies au christianisme, nou-seulement dans les esprits qu'eDe édairait, m^ encore dans les cœurs qu'elle purifiait. Tour à tcm sévère eonune la grande voix du Sinaï fulminant emt trc le péebé et miséricordieuse comme un BnoigSe anticipé, elle éveillait dans tonte son intensité te désir du salut; elle l'entretenait avec un soin vl^hst, comme les prétresses du feu sacré à Borne ; eUrTeoipéchait de s'éteindre sous le boisseau des vaines observances. Elle introduisait sans cesse Fesprit dans to corps du judaïsme; elle ramenait à leur vrai sens ses institutions et savait, quand il le fallait, dénoncer la péché sous les apparences les plus pieuses, dans k splendeur du culte aux jours solennels, dans la mritiplicité des sacrifices, dans l'humilité affectée dte jeune hypocrite. Année du glaive à deux tranchants de la parole divine , elle en transperce le cœur impénitent ; mais c'est pour vers^ aor eette Uessure saigjymtele