PHILON
ombre. » C'est de lui-même qu'il faut recevoir la révélation sur lui-même, comme il Ta révélé à Moïse * . Ce Dieu absolu, ineffable, n'a pas créé la matière ; elle existait de toute éternité. Il l'a ordonnée, mais non directement; a car il n'est pas permis-au Dieu bienheureux d'entrer en contact avec la matière * ; » il l'a organisée par l'intermédiaire du monde des idées qui est personnifié dans le Verbe. Philon présente le Verbe tantôt comme l'image de Dieu, tantôt comme étant multiple et abstrait ; ce qui révèle toute l'incohérence de ses idées sur un point où on a voulu reconnaître en lui l'inspirateur du christianisme primitif. Philon nous ôte toute espèce de doute à cet égard, quand il déclare que « le Verbe n'est rien d'autre que le monde intelligible et que Dieu est le lieu rempli de verbes incorporels ^. » Dieu crée, c'est-à-dire ordonne la matière d'une manière continue, de même que le feu répand nécessairement la chaleur et que la neige répand le froid*. Cette matière non créée de Dieu est l'élément nécessaire qui se mêle à tout. La morale ascétique découlait nécessairement d'une telle métaphysique. L'homme ne peut vraiment, en tant que créature mortelle, s'unir à Dieu, « car il n'est pas permis au mortel d'habiter avec TimmorteP. » Mais si par nature il a l'illumination supérieure qui fait le prêtre et le prophète, il peut, par la contemplation, arriver à se perdre
* Exode, XXXm, 13. Leg. alleg., HT, 32.
* 'Ou ffàp 'Sv Oé[JLi(; (iXtjç tj/auetv Tbv piaxiptov. De sacrifie, l^lh 8 Ouèsv èTépov Tbv voYjTbv x67{JL0V ^ Oeoî T^é^ov. De opif,mundi,\,
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* Philon, Leg, alleg. y I, 3.
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