‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 125 sur 184 · LES THÉRAPEUTES · texte numérisé non relu

LES THÉRAPEUTES

en Dieu. Ainsi le rôle fait à la liberté est bien mesquin; le bien est un don de Qature, ceux qui ne Font pas reça à leur naissance ne peuvent en approcher que par Fascétisme. Le plus haut idéal, en définitive, consiste k ^e faxt soi-même pour « s'élever de Tesprit individuel k Fesprit universel, refuge suprême de Fâme * . » Sans avoir complètement formulé la doctrine de Témanation, Chilon en a développé les dernières conséquences; il a dépassé Platon dans son entraînement versFOrientyet comme FInde, il a mis le salut dans F anéantissement et Fascétisme. C'est en vain qu'il essaye de relever la religion de son peuple en le proclamant le peuple des prophètes et des inspirés^ et en faisant du grand prétrc le sacrificateur universel qui immole des victimes pour l'humanité et la création entière ^. Il n'en a pas moins, malgré tous ces éloges, sapé la base du mosaïsme^; il Fanéantit en le transfigurant, et jusque dans les hommages dont il le comble^ on reconnaît ses tendances spéculatives qui transforment en système cosmogonique des institutions profondément religieuses *.

Nous avons dans l'existence des thérapeutes en Egypte une preuve frappante de Finfluence exercée par les idées orientales à cette époque. D'après Pbilon, qoi, par ses vues ascétiques, devait éprouver pour eux une vive sympathie, les thérapeutes, comme leur nom Findique, prétendaient guérir les maux de Fàme. Aban-

* Leg, alleg,, UI, 9, — « De Abrah., § 19. — • De vita M^ys., M, §14.

^ Voir sur Philoo l'6)q[>osé si ludâe de Lomer,!, S7, .&8. -« lUttar, Histoire de la philosophie ancienne, traÂ, Tissot^ t. IV, c, VI.

SECTES JOITES. I^ ESBÉNIENS. 3^

âcnmaiit leurs biens^ cherchant la solitude, ils se réser- Taient dans leur demeure un sanctuaire cadié qu*ilB appellent monast^e, où ils accoiiq)lissaient leurs dé^ i^ttonS' loin de tons les yeux. La prière^ la méditatiem des liTres sacrés, intarprétésallégoriquement^etd'autres écrits appartenant à la secte occupaient leura pensées. Ds regardaient la tanpérance <t comme te rempart de rame, » et se soumettaient à des jeûnes prolongés ; le jour dn saUbat, ils se réunissaient et écoutaient Texplication de leur doctrine faite par le plus ancien d'entre eux. La chasteté absolue était en honneur chez eux^ Evidemment, les tbérapeutes^ ne disaient que reproduire Tascétisme indien ; des théories analogues produisaient une pratique semblable.

En Judée même, on distingue à cette époque trois sectes principales : les Esséniensj les Pharisiens et les Saddueéen^. A vrai £re, la première seule fut constituée ; les deux autres furent plutôt des partis que de& sectes* Les esséniens ou les pieux étaient les thérapeutes de la Judée, imbus également de la théosc^dûe orientale, mais plus préoccupés de la pratique que de la spéculation , comme il convenait & des Juifs de la Palestine. Eux aussi recherchaient la s<ditude et fondaient de Trais couvent», sans cependant interdire le séjour des villes à ceux d^ntre eux qui cultivaient les arts manuels^* Les biens étaient communs^ : « Les biens de chacun, dit Josèphe, étant mêlés à ceux des autres^

1 Voir Philon, De vita contemplaiiv., l, 9%9i9IH^

» Oaufjuiaicv Tap' dtUToTç to xotvwvY;Tix6v. Bell, jud., Il, S, a.

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