PLAN DU LIVRE. US
physionomie des chrétiens héroïques qui ont laissé dans rhistoire de TEglise de si lumineux sillons, et qui, au prix de leur sang, Tout rendue victorieuse. Nous reconnaîtrons combien ces premiers temps de la société chrétienne, pauvre et persécutée, étaient favorables au libre développement de la foi et de la vie. Nous n'y trouverons pas ce christianisme uniforme qui prédomine depuis les grands conciles et leurs symboles imposés. Carthage, Alexandrie, Rome nous apparaîtront comme autant de centres indépendants les uns des autres. Toutefois, même dans ces temps de liberté, de funestes tendances se manifestent; Tasservissement des âges futurs se prépare. Il faut avoir le courage, même près des échafauds des martyrs, de signaler les déviations de TEglise, imperceptibles d'abord, si graves dans la suite. Cette gloire si pure ne doit pas éblouir notre regard; c'est faire un douloureux sacrifice h la vérité que de mêler le bMrae aux hommages en jugeant ceux que l'on admire avec enthousiasme. Rien, du reste, ne diminue la grandeur du spectacle donné au monde par cette toute-puissante faiblesse d'une Eglise méprisée et persécutée , qui triomphe du colosse romain et sauve la dignité humaine à force de douleurs humblement supportées. Mais avant de la voir marcher à ces incomparables triomphes, il faut la voir se constituer sous la conduite des disciples immédiats de son divin chef. Il n'est pas possible de comprendre l'histoire de l'Eglise des trois premiers siècles, si l'on n'a tout d'abord étudié de près l'âge apostolique, car pour mesurer la gravité de ees déviations, il faut avoir contemplé son idéal.
LE PREMIER SIÈCLE