CARACTÈRE DE L'ÉGLISE
la race et des distinctions de naissance, on ne trouve plus en lui que la personne morale ou Fétre individuel appelé à entrer en contact immédiat avec Dieu. Voilà pourquoi Tindividualité est la base fondamentale de la société religieuse la plus large qui se puisse concevoir. Quand Jésus-Christ a envoyé à la conquête du monde les quelques disciples qui Tentouraient et qui formaient le premier noyau de FEglise, il a abrogé par là même les anciennes distinctions théocratiques et implicitement fondé la société nouvelle, qui ne connaît ni Grecs, ni Juifs, ni circoncis ni incirconcis.
Etranges conquérants, il faut Favouer, que ces pécheurs galiléens, sans crédit, sans instruction, pauvres ^> parmi les plus pauvres, et jetés sans défense au sein d'une société qui unit à F éclat qui fascine une puissance à laquelle rien n'avait encore résisté. On déchaînera contre eux la force brutale; ils n'auront jamais le droit de s'en servir ; ils ne doivent manier que les armes de Fesprit. Maltraités et persécutés, ils n'auront à opposer à la persécution que leur souffirance résignée et F énergie de leur foi ; car du jour oii ils imiteraient leurs adversaires , ils se seraient infligé à eux-mêmes le plus irrémédiable des échecs, en déshonorant et en frappant de mort leur propre principe. Il ne leur est pas permis d'oublier un instant qu'ils puisent leur force dans ce monde invisible et supérieur dont ils sont les représentants sur la terre, et qui est à la fois leur patrie et leur
but.
L'Eglise chrétienne a une double vocation. Elle est appelée d'abord à s'approprier toujours iqjieux la pensée
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et la vie de son divin fondateur, à s'nnir à lui par des liens tendres et sacrés , t croître en connaissance , en charité, en sainteté. Elle doit ensuite porter en tout lieu cette lumière et cette flamme , allumées et entretenues dans le sanctuaire, afin d'en illuminer et d'en embraser le monde. Se purifier au dedans, s'agrandir au dehors, telle est sa double tâche et les siècles loi sont donnés pour l'accomplir.
Il est toutefois une période de son histoire qu'il importe de distinguer des autres : c'est l'âge apostolique. Sa mission spéciale fut de conserver au monde le son- Tcnir vivant du Christ. L'Eglise primitive est l'int^rmé- * diaire obligé entre nous et lui; elle seule nous le M
<;onnaître; elle est pour nous comme le canal qninons apporte l'eau de la source. Aussi a-t-elle recules dons nécessaires à l'accomplissement de sa mission, n en esl deux surtout qui lui sont particuliers. Elle est l'Eglise de l'apostolat et l'Eglise de l'inspiration. D'une part, elle est le témoin immédiat du Christ; de l'autre, cHc a reçu l'esprit de Dieu dans une mesure extraordinaire, afin de poser solidement le fondement sur lequel l'Eglise de tous les temps devait être assise. Nous avons à étudier de près ces deux grands faits du siècle tipostolique.
* Disons de suite que ni l'apostolat, ni nnspiration n'ont épai-gné à l'Eglise primitive le salutaire labeur^ l'assimilation de la vérité. On se trompe grarement quand on s'imagine qu'elle a été définitivement coni^tnée dès son premier jour par des décrets promrilgiiés par les apôtrai, et qu'elle a été portée d'emESSe'snrles