‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 148 sur 184 · ELLE EST FONDÉE PAR DE SIMPLES ËVAN6ÉLISTES · texte numérisé non relu

ELLE EST FONDÉE PAR DE SIMPLES ËVAN6ÉLISTES

de la Pentecôte. L'Evangile fut annoncé à Antioche par des disciples de Chypre et de Cyrène * , qui appartenaient à la fraction la plus libérale de TEglise de Jérusalem et qui avaient été sans doute tout particulièrement attachés à Etienne. Héritiers directs de la grande pensée qui avait animé le premier des martyrs, ils avaient compris comme lui que la nouvelle alliance repose sur des bases plus larges que l'ancienne. Aussi s'adressèrent-ils immédiatement aux païens. « Ils annoncèrent le Seigneur Jésus aux Grecs ^. » Bientôt ceux-ci se convertirent en foule et la première Eglise en dehors du judaïsme fut fondée. Ainsi s'ouvrait pour la mission chrétienne la porte du monde, que le préjugé juif avait tenue fermée jusqu'alors. Dès ce jour, la religion nouvelle prend la position qui lui appartient : elle appelle à elle l'hellénisme comme le judaïsme, l'Occident comme l'Orient, et elle peut, pour la première fois, comprendre cette parole du maître : Le champ, c'est le monde. D'un autre côté la fondation de l'Eglise d' Antioche fait pressentir la transformation ou plutôt le développement de l'apostolat primitif. Elle a été fondée sans le concours des douze apôtres. L'opinion qui fait de Pierre le premier évoque d' Antioche ne repose sur aucun fondement ' et

* Actes XI, 19 ; comp. Actes II, 10.

* Actes XI, 20.

* La tradition qui attribue à Pierre la fondation et le gouvernement de TEglise d*Antioche esttrès ancienne. Eusèbe la rapporte (H, E., II, 36), saint Jérôme également (De vins illustrihusy ï) , et Origène l'a confirmée en ces termes : « Ignatium dico episcopum Antiochise post Petrum secundum » (In Luc. Homelia VI, tom. IH, édit. Delarue, p. 738). Le Liber potUir ficalis no fait que copier les Pères, de même que Baronius (Annales I, Î45), et avec lui tous les écrivains catholiques (Lenain de Tillemont, Mémoires I, p. 167). Mais le silence de l'auteur des Actes infirme tous

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doit être rappœrtée aux préjugés é|>îsc^[HBii:. Jfaprès 6init Luc, Téglise «TAntiodie a ébi son <mpBe aoi j«î£b bdléaistes de Chypre et de Cjrèiie; l*£^ise de iérmsàkm ne kâ a pas envoyé un apôtre., iimis un ftiiiq)ie éirangéliste^ fimmabas. JMaa a veohi BM»trer par là que l'apostolat des douze n'était pas le canal nniqae et oldigatoire de sa grâce, nais qoe TactiTité dirétî^sine, déployée avec puissance et maarafestant sa légitimité par des résultats grands et magufiqaes, recevait de ses suceès eux-mêmes rate sanction divine. Cet apostolat nouveau est conféié directeai^t par le Sûînt-£spa/t; il ne dépend d'aucune institation sfiéciaic. D^à Etienne en avait été revêtu^ saint Paul devait bieaè6t en eonoentrer tous les dons et en posséda tous les drvHis; TËglise était destinée à le voir sui^ dans son [, d'époque en époque^ moins complet s^ans ée^it {MÎsaant encore, pour la réformer et la renou-

L'EgËse d'Antioche se distingua premptement par raboAdance des dons extraordinaires. Elle compta de ftombreox prophètes. La religion noavelle, débarrassée des langes du judaïsme, s'y épai^uissait daus toute sa liberté et dans toute sa beauté. C'est à Antioche qu'elle

ces témoignages. Nous prouverons plus tard que l'épiscopat n'existait pas à cette époque. On s'explique très bien l'origine de la légende. Les idées épisco|>ales cendirent bientôt nécessaire la r^ularisation rétrospective de l'Eglise d'Antioche au point de vue Mérarchique ; on ne pouvait s'en tenir aa récit des Actes, qui en attribuaient la fondation à de simples évangéUfites. On «avait que Pierre avait, à ia même époque, voyagé -dans des contrées voisines. Quoi de plus naturel c^e d'en faire le premier évéque d'AAtioclie ?

^ Voir Baumgarten, Die AposL Kirche von Jérusalem bis Rom, l, p. 257.

PIERRE ET GORNEUXE. 407

prit son m^m véritable. Jl lui fut sans doute -doiifié par la iiiiiltitu4e , témoin de ses déi^lqp^mefits et de ses j^DOgrès. Ce »€3fi de Chrétiens mioiilrait qœ ron^eonmeiH çait à €ompr€»dre que TEgUse fi' était pas siaiplemeirt «se secte jaiye. PersoQae à Jérusalem^ en voyant les disciples dsms le temple^ n'avaii pejisé à cbercber pour les désigner une dénommation nouyelle. Ce nom Hemvaaift révélait la grandeur de la révolution qai Tenait de 3*aceûnif[lir. H «st importanl; de constater que c'^est la pTCmièiK Egtise née au seindu paganisme qui Ta porfté. CTest aussi d'Anlîoehe, comme noos ie verrons, que Paal partit pour ses voyages missieiiiiaires. Antioche iat en quelque sorte la Jérusalem de la gentilité.

Baas Je même temps rapôtre Pierre fut amené par une merveilleuse «tispensation de Dieu à secouer le fos^ de i*eidusis»e yoiL Malgré les succès de sa misBiûarà Samarie, il n'avait pas abjuré ses aadieBiies idées; ai pensait eace»re que toutes les ebservatiofts ée la loi mosaïque devaient être maintenues* Il était de la fin bante importance que rapôtre fe pi«s actif et k fins inllttent pendant cette période fût gogtié à l'im^ivepsaiisme eiirétien. Dieu Yj amena de ia mafiière la fin admirable, unissant pour lui les claités d'une révélation à celles de Texpérieiice persoœmelle. A œtie époque vivait dans la ville de Césarée un centemer romaÎH sommé dâraeiiUe, Jaisaat partie dfC la coborte îtaUqse qui aasifitenait dans ees contrées Timtorlté de Borne. PaiCB de saîssaaice, mmi& inavaâUé de èesotns «eiigiieftx comme un grand nombre de ses contemporains, Corneille, dès son premier contact iavec la synagotgue,

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