SON CONTACT AVEC ETIENNE
yfierre de la chair et de Fesprit qui est sans issue aussi ongtemps qu'un principe nouveau n'a pas été déposé lans le cœur, il s'écrie avec désespoir : « Misérable que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort * ! » Comment douter que l'aiguillon de Dieu n'ait déjà atteint sa conscience. Nul n'a été plus que lui flagellé par la loi ; nul n'a plus gémi sous la férule de l'impitoyable pédagogue qui ne remplit sa mission qu'en nous conduisant à la croix accablés et brisés. N'oublions pas non plus que la nature irrégénérée était loin d'être vaincue chez Saul de Tarse. Caractère énergique et impétueux, il se laissait souvent emporter jusqu'à la violence; et sans doute tout en reconnaissant au fond sa misère morale, il ne laissait pas de s'enorgueillir du haut rang qu'il occupait dans sa secte. Il n'est donc pas étonnant que lors du premier conflit entre le pharisaïsme et l'Eglise de Jérusalem, Saul ait approuvé et encouragé la persécution. Le trouble intérieur qui le dévorait, le désir de se faire illusion, un attachement passionné au mosaïsme, tout contribuait à en faire un ennemi implacable du courageux confesseur qui sans ménagement avait secoué tous ses préju-
i On a souvent agité la question de savoir si cette portion de Tépître aux Romains se rapporte à l'état moral de Paul avant ou après sa conversion^ n nous parait évident que les sentiments de décourap^ement et de désespcHT exprimés par VApôtre ne se conçoivent pas chez le chrétien qui connaît le secret du triomphe et qui a reçu de Dieu le principe d'une vie nouvelle. Cependant n'oublions pas que le chrétien n'est jamais complet^ Qt qu'il retombe^ par ses inconséquences^ sous l'empire de la chair. U à donc des retours de ses anciennes impressions^ et la contradiction morale décrite dans ce chapitre n'est pas sans analogie avec ce qui se passe en lui aux jours de défaillance et de chute. Mais il n'en est pas moins vrai que ce tableau des luttes impuissantes de l'âme ne s'applique complètement qu'à l'homme inconverti.