CARACTERE DE L'APOSTOLAT DE PAUL
On sait combien Paul a fréquemment insisté sur sa qualité d'apôtre, et ayec quelle force il a repoussé toute infériorité yis-à-Tis de ses collègues dans Tapostolat. « Ne suis-je pas apôtre? dit41 dans sa première lettre aux Corinthiens * ; » ajoutant dans la seconde : « J'estkne que je n'ai été en rien inférieur aux autres apôtres'. » D'un autre côté, nous sayons que cette égalité était contestée à Paul par ses adversaires du parti judalsant On peut déjà conclure de cette opposition que son apostolat n'était pas tout à foit de la même nature que l'apostolat primitif. Cherchons par quel côté il lui ressemblait, et par quel côté il le dépassait.
Nous ayons vu que l'apostolat était, non pas un sacerdoce nouveau, mais la représentation idéale de l'Eglise, li* apôtre était le chrétien d'office de la primitive Eglise, appelé à élever la vocation chrétienne à sa plus haute puissance ; il était par là même le témoin de Jésus-Christ par excellence ; car la mission spéciale de cette première génération de chrétiens était de conserver au monde le souvenir vivant du Rédempteur. Saint Paul, à cet égard, ne fait pas exception; il est, comme les douze, l'un des témoins accrédités du grand fait du salut; seulement la manière dont il est accrédité a un caractère particulier. Tandis qu€ la condition essentielle pour prendre rang parmi les douze premiers apôtres était « d'avoir été avec Jésus-Christ depuis son baptême jusqu'à sa résurrection ^, » Paul ne peut invoquer aucune relation extérieure avec le Sauveur pendant les jours de
* i Cor. IX, 1. — « 2 Cor. X, 5. Gomp. Rom. XV, 15, 16. Gai. I et IL » Actes I, 21, 22.